La Tragédie, pour faire souffrir les gens!
Le Arrowverse, amours et crossovers!
Ce côté dramatique, qui aurait dû caractériser DC dans ses tentatives cinématographiques, se dilue tristement dans de l'ordinaire chez CW, il faut cependant bien reconnaître qu'il est bien présent, donnant une raison de s'intéresser à son cas.
Le Crossover super-héroïque
Dans le Arrowverse, la notion de crossover a rapidement vue le jour, impliquant une rapide multiplication des personnages tirés des comic books, cela afin de pouvoir offrir un équivalent en terme d'envergure et de narration épique. Oui parce qu'un Crisis on infinite earths avec seulement Green arrow et Flash, c'est plutôt léger. L'arrivée des Legends of tomorrow libère d'ailleurs des moyens et accroches pour tenter des choses de plus en plus ambitieuses. Malgré des moyens limités, ou mal employés, le Arrowverse devient une énorme machine dont tous les arcs prévoient dès le départ de converger vers ces évènements marquant, qui ramèneront d'entre les morts personnages secondaires et méchants, bouleverseront la trame du Temps, et provoqueront ruptures ou réconciliations. Oui car je le rappelle, le Arrowverse est à 50% composé de romances compliquées, à 50% de fin du monde, et à 10% de choses épiques. La formule est servie par la majorité des chaînes continuant à proposer des saisons à rallonge de leurs séries, préférant la mobilisation de leur audience sur de longues périodes plutôt que sur des arcs plus courts, concentrant le drama et l'intensité. C'est regrettable, en particulier pour le genre super-héroïque qui tourne très vite en rond avec ses personnages monolithiques et l'unique solution à leur disposition; la bagarre. Mais encore une fois, le Arrowverse de CW a fait du crossover sa spécialité, amenant l'ensemble de ses castings vers des évènements cataclysmiques, à coup de grandes annonces et d'introduction de personnages mythiques provenant des pages de comic books. Oui, la chaîne dispose d'un vivier pratiquement illimité pour nourrir son vaste univers étendu, et sait parfaitement bien s'en servir, se permettant même de surfer sur les tendances, comme en ce qui concerne l'introduction de Batwoman. Le network aura d'ailleurs l'intelligence de ne pas commettre la même erreur que DC face au succès des films du MCU, cherchant à imiter sans succès une formule inadaptée à leurs héros et héroïnes. Le Arrowverse est souvent très kitch, mais possède son identité propre, avec ses versions de toutes les grandes figures mythologiques, comme Superman. Et aussi étonnant que cela puisse paraître, les crossovers cimentent ce vaste ensemble, le nourrissant de tensions dramatiques et de méchants tellement méchants!
Le cold open, un préambule utile
Coucou les sérivores! L'ouverture à froid, plus communément nommée Cold open, est une séquence pré-générique employée pour diverses raisons, cela depuis les années 60. La plupart du temps, elle propose un résumé des épisodes précédents, bien utile pour les feuilletons et autres sagas. Un Cold open est de plus employé comme introduction à l'intrigue se développant durant l'épisode en cours, avec par exemple une présentation d'un personnage introduit par la suite, comme une sorte de mini origin story, amenant plus facilement à l'attachement. Enfin, le Cold open peut aussi ouvrir l'épisode avec une scène, une présentation et se terminer au début du générique par un pic dramatique. Deux choses se produisent ensuite; Soit l'épisode démarre dans le prolongement de son cold open, soit ce dernier montrait simplement une séquence du milieu d'épisode, qui sera ensuite reprise avec son développement.
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Et donc, comment intégrer un Cold open dans Comme à la télé? Rien de plus simple. Soit, il pourra s'agir d'une présentation de la situation initiale, présentée oralement par le/la Metteur en scènes, permettant de saisir immédiatement les enjeux, et plongeant les participant.e.s dans l'action. Soit il sera intéressant de présenter un antagoniste, peut-être encore inconnu des protagonistes, ou alors une vieille connaissance aux motivations toujours floues, mais à une autre époque. Encore mieux, les participant.e.s ne devraient pas avoir l'opportunité de saisir que cette présentation d'un personnage a priori inconnu concerne une connaissance. Ce n'est qu'en dosant les informations - un nom de lieu, de parent de l'antagoniste - qu'ils et elles devront avoir la puce à l'oreille. L'intérêt d'un tel cold open sera une mobilisation de l'attention du groupe, qui ignorera à quel moment apparaîtra le personnage concerné, ou s'il a déjà été rencontré.
Bien entendu, le/la Metteur en scènes pourra également laisser tout le travail du cold open à un.e participant.e.s! A chaque début d'épisode, la narration d'introduction sera ainsi assignée à une personne différente, encore une fois, en vue du développement de celui-ci, ou d'un autre, en lien avec des éléments qu'il ou elle souhaitera intégrer dans l'épisode. C'est un exercice que je ne recommande bien sûr pas à des novices, pouvant se perdre dans un tel développement, mais lorsqu'il s'agit de créer une série CàlT en narration partagée, le cold open devient un outil stimulant, pouvant permettre une appropriation du développement initial par tout le groupe.
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Vous connaissez toutes et tous des cold open, très courants aussi bien dans les soap que dans les séries fantastiques, voir même dans les journaux télévisés, où est présenté un sommaire. Pour les séries, ils permettent de donner le ton, de dynamiser en préparant des éléments de suspense. Et dans la majorité des films américains, ils sont désignés comme des scènes pré-génériques - celles ouvrant tous les James Bond, par exemple!
Animal kingdom, la famille dysfonctionnelle
Coucou les sérivores! Allez, attaquons tout de suite un gros dossier; La famille! Une valeur importante que nous vendent les séries américaines, et qui comme d'habitude, peut rapidement plomber un show lorsqu'elle n'est pas bien amenée, servant de prétexte à tout et n'importe quoi. Pour nous pencher sur le thème, j'avais pensé à Dallas, mais la série, même dans sa dernière mouture, ne doit pas trop vous parler. Je vous propose donc de voir tout ça avec la série de Jonathan Lisco, inspirée du film australien de David Michôd, également producteur ici. Elle est diffusée sur TNT - pas la nôtre, celle de Ted Turner - et la cinquième saison vient tout juste d'arriver.
Alors, pour résumer Animal kingdom. Nous allons suivre Joshua, jeune homme brillant venant de perdre sa mère, victime d'overdose, et étant mineur, devant aller vivre chez sa Grand-mère Smurf, incarnée par une Helen Barkin vénéneuse à souhait. Il rencontre la fratrie Cody, ses oncles perturbés et vivant dans un monde un peu violent. Très vite, il comprend que Smurf est la matriarche d'un gang familial trempant dans une multitude d'affaires louches, il se laisse lui aussi tenter par cette existence et cherche à se venger de sa grand-mère, ayant laissée sa fille basculer dans la drogue. Et nous voici donc partit sur plusieurs saisons enchaînant les braquages foireux, les fusillades et trahisons, le casting principal se voyant régulièrement entouré de seconds rôles amenant du drama, et permettant d'approfondir le passé des personnages, grâce à de bons vieux flashback.
Animal kingdom est une série intéressante, ancrée dans une réalité faite de gangsters, de violence, mais faisant aussi la part belle au drama, concentré ici dans l'affect dont sont privés les frères Cody, et leur besoin d'être manipulés/ aimés par leur mère. Au final, comme n'importe quel conditionnement instillé par un bête programme MK Ultra de la CIA, les gros durs sont dépendants de Smurf et lui passent toutes ses intrigues, incapables de s'en éloigner. Leur pire antagoniste est ainsi celle gouvernant leur vie. Une notion fascinante, que je vous encourage à éprouver dans vos sérivers!
Mettre du James Gunn dans son sérivers!
Coucou les sérivores! Comme je prépare une adaptation de l'adaptation des Gardiens de la galaxie, par le réalisateur et scénariste James Gunn, je me suis dis que, pourquoi ne pas tenter de proposer d'injecter son style dans d'autres sérivers, et aller vers quelque chose de plus générique - oui les râlistes, je sais que vous n'aimez pas ce mot - voici donc mon approche du style Gunn, pour Comme à la télé!
De prime abord, nous allons partir du postulat que James Gunn se concentre sur des réalisations très punchy, avec des constructions pas trop finaudes et des genres parlant essentiellement aux grands enfants. Les adorateurs de la filmographie Scorcese n'entendront probablement jamais parler de lui, ceux de Nicolas Winding Refn feront une syncope, bien que certains aspects du style Gunn puissent les interpeller. Bref, c'est du cinéma populaire, le terme n'est pas du tout péjoratif et indiquera plutôt un rythme rapide tout du long, des personnages peu développés mais particulièrement attachants, grâce à un jeu émotionnel lui non plus pas vraiment en finesse, mais fonctionnant très bien. L'ascenseur émotionnel est en effet une technique suremployée par James Gunn, caractérisant son style par ce biais.
Je m'arrête là, même en ayant deux ou trois autres réflexions concernant ce style totalement cinématique pouvant être intégré dans un sérivers pour CàlT! Si vous avez des questions, des remarques ou des idées venant nourrir cet article, n'hésitez pas à laisser des commentaires!
The Expanse, un sérivers pour CàlT!
Coucou les sérivores! Alors oui je sais, il existe déjà une version jeu de rôle dans l'univers de The Expanse, par Steve Kenson, éditée par Green ronin publishing et utilisant leur système AGE. J'avais par ailleurs envisagé une adaptation avec le système FATE Accéléré, mais toi-même tu sais, frétillant.e sérivore, Comme à la télé est là pour offrir quelque chose de léger en terme de règles, mais aussi de mise en place, et surtout, sert à ouvrir de plaisantes sessions avec un minimum de matériel, ce qui - tu en conviendra, délicat.e sérivore - est tout de même bien plus commode que de se trimballer de beaux livres épais, sur lesquels renverser du café et des miettes de chips est difficilement envisageable.
Et voici donc le sérivers The Expanse, pour CàlT!
Tout d'abord, un rapide tour d'horizon de ce qu'est la série, depuis peu transférée sur Amazon Prime. Adaptée d'une série de romans de SA Corey, pseudonyme derrière se cachent les auteurs Daniel Abraham et Ty Franck, the Expanse nous emmène deux siècles après nous, dans un système solaire en train d'être colonisé selon les bonnes vieilles recettes de l'impérialisme occidental; Peuples opprimés exploitant des ressources ensuite rapatriées vers la Terre ou Mars, les deux superpuissances d'alors, se préparant évidemment à la guerre. C'est dans ce contexte très classique donc que vont se construire différentes intrigues, avec en ouverture un mélange des genres polar et hard-sf, plutôt intéressant et vraiment bien adapté dans la série, qui finie par virer à un space opera ou se mélangeront intrigues politiques, course à l'armement, et relations sentimentales, l'ensemble servi par un casting irréprochable et des personnages forts.
La Fratrie
Un autre élément intéressant, et plutôt classique dans les sérivers de science-fiction, est la prédominance de grandes puissances, disposant de ressources écrasantes, d'attitudes hégémonistes et ne trouvant rien de mieux que poursuivre le grand plan de l'Humanité, consistant à s'auto-détruire. Ici, nous avons donc UN, toujours pour United nations et contrôlant les formidables ressources de la Terre, ainsi qu'une grande part de la technologie spatiale, s'opposant plus ou moins ouvertement à MCR, pour Martian Congressional Republic, sur Mars donc. Au milieu de toutes les tensions possibles entre ces deux blocs se trouvent les belters, exploités par les uns comme par les autres, contraint de fournir l'essentiel des ressources primordiales au développement de leurs oppresseurs. Du côté des Nations-Unies, nous trouvons une sorte de vaste assemblée dominée par un appareil administratif tentaculaire, mais clairement dominé par les officiers de la flotte spatiale. Un ou une Secrétaire-général prends les décisions, c'est de la politique comme nous la connaissons aujourd'hui, avec magouilles, intérêts personnels et usage abusif de la force.
Enfin, nous avons OPA, pour Outer planets alliance, une coalition de clans belters finissant par former une troisième force politique et militaire au sein du système solaire, pour peu après être emportée par les évènements de la saga. Puisant dans les grands mouvements contestataires d'époques que nous connaissons, l'organisation de l'OPA est déchirée par des luttes de pouvoir interne, entre de grandes figures charismatiques comme Anderson Dawes et Fred Johnson, mais également par des tensions entre ses clans, qui provoqueront l'émergence de Marco Inaros. Sans réelle structure, contrainte par les problématiques logistiques liées aux immensités de vide, l'OPA est toujours montrée comme un ramassis de pirates opportunistes, sans foi ni loi, profitant de la moindre occasion pour trahir les leurs. Une tendance différente se dessine autour du Behemoth, transformé en station-relais, et sous le commandement de Camina Drummer, mais tout cela n'a qu'un temps, et dépendra finalement toujours du bon vouloir des autres grandes forces. En terme de narration cependant, les belters et l'OPA occupent une place centrale, car ce sont eux les opprimés, celles et ceux possédant une culture purement spatiale, un dialecte hérité du créole et des coutumes les différenciant grandement des martiens et des terriens. C'est le mépris de ces derniers envers cette humanité différente, en train de s'adapter aux conditions de l'espace, qui donne le rythme, bien plus encore que toutes les grandes batailles et les discours pompeux.
La Mort, et les come-back dans CàlT!
Dans de nombreuses séries, qu'elles soient tournées vers la comédie ou le drame, la mort est un puissant outil permettant de marquer durablement un épisode, un arc narratif, voir l'ensemble d'une trame. Bien entendu, il est également possible d'en faire un élément secondaire et négligeable, mais ce serait se priver d'un levier important pour instiller l'émotionnel dans vos épisodes.
Cette notion de retour n'est cependant pas sans conséquence; Le metteur en scènes devra en effet augmenter tous les paliers de difficulté de +1 et recevra 5● supplémentaires afin de disposer d'une adversité conséquente. Ces atouts sont attribués uniquement pour le temps de l'épisode du Come-back.
Je le répète, la mort d'un personnage ou d'un élément-clé ne doit pas être anodine. Nous voyons bien en effet qu'un retour mal géré peut détruire toute la cohérence d'un récit. L'exemple de la mort pas terrible de Bobby Ewing, dans l'ancienne mouture de Dallas, puis le retour de l'acteur sur le show car "tout ceci n'était qu'un rêve", cela ne fonctionne pas bien. Même si les règles de Comme à la télé assurent presque toujours un possible retour, l'intensité dramatique de l'ensemble prime avant le décès face à un test échoué, pire encore, pour le simple plaisir d'un metteur en scènes cherchant à contrôler son petit monde. Priorité au récit et surtout, à l'amusement de tout le monde.
A contrario, un usage expéditif de la mort peut poser les bases de tout un arc narratif, comme dans la série the Shield par exemple. La disparition d'un élément-clé dès les premiers épisodes ouvre des perspectives intéressantes, tant pour le metteur en scènes, qui construira dès lors son récit autour de cette mort marquante, que pour les participant.e.s, dont les personnages voudront probablement se venger, tout du moins comprendre les raisons de cette mort. L'outil est ainsi employé à pleine puissance, pour laisser une marque et donner un ton. Attention toutefois à bien réfléchir sur cet usage, qui pourra ne pas correspondre à tous les formats.
On le voit souvent dans bien des sérivers, les morts reviennent, et pas seulement en version Walking dead. Un personnage officiellement mort, avec témoins et explosion pyrotechnique, revient en finalité d'arc narratif, ce que l'on nomme le Cliffhanger, pour apporter informations, débloquer la situation autrement insurmontable, et passe souvent pour un Deus ex machina. De telles situations surviennent en cas de mort définitive d'un personnage, et implique pour l'épisode suivant une augmentation des paliers de difficulté de +2, et l'intervention d'un antagoniste majeur contre le groupe, sans dépense de jetons noirs pour le metteur en scènes.
Voici donc une manière d'appréhender la mort des personnages dans CàlT. N'hésitez pas à me faire part de vos avis, suggestions et commentaires éclairés à ce sujet!
Le décor, un terrain de jeu à utiliser!
Lorsque je mentionne l'utilisation du décors par les personnages, vous penserez probablement au système des aspects dans FATE (et sa multitude de déclinaisons), qui offre l'opportunité de transformer chaque élément environnant en un outil utilisable. Dans CàlT, l'usage du décors se traduira plus simplement par des ajustements sur la difficulté associée à une action précise. La narration primant avant la technique, ce sera au metteur/ metteuse en scènes d'équilibrer et rationaliser l'emploi du décors par les participant.e.s, qui devront pour leur part garder à l'esprit que cette possibilité variera d'un sérivers à l'autre.
Les ajustements associés au décors ne devront normalement pas dépasser les +2/ -2, cela dans des sérivers ancrés dans une certaine réalité proche de la nôtre. Dans Sense 8 par exemple, malgré leurs capacités extraordinaires, les personnages sont liés à nos paradigmes, Nomi peut ainsi utiliser un vélo mais celui-ci ne lui permettra aucune prouesse particulière, idem pour la voiture qu'elle ne sait pas conduire, mais que seul le talent de Capheus permettra de manœuvrer. A contrario, dans des sérivers plus éloignés de notre réalité, comme celui de Lost room, les participant.e.s pourront laisser leur imagination ramener à eux des atouts bien plus intéressants, allant jusqu'à des Objets dont ils et elles pourront inventer les capacités (présumées) sur le moment. Libre au metteur/ metteuse en scènes d'ajuster cette introduction d'un nouvel élément-moteur à la trame.
On le voit bien, espérer avoir du contrôle sur l'usage du décors par les participant.e.s s'avère rapidement chose ardue. Si l'utilisation d'objets courants sera facilement limité par l'attribution d'un ajustement de +2/ -2 au maximum, il en ira autrement d'un emploi plus conséquent, comme prendre le contrôle d'un engin blindé et traverser, littéralement, tout le décors. L'idée dans CàlT étant de créer une histoire en partageant nos imaginations, chacun.e se devra de prendre en compte les problématiques que pourraient éventuellement rencontrer les autres participant.e.s, et pas seulement le metteur/ metteuse en scènes.
Au final, laisser les participant.e.s employer le décors à leurs propres fins s'avère également être un élément à expliquer en amont, en même temps que les paradigmes associés au sérivers. D'un côté, les participant.e.s devront bien appréhender leur nouvelle liberté, mais le metteur/ metteuse en scènes aura également pour tâche d'accepter de lâcher un peu de son contrôle sur l'environnement, se plaçant dans une position d'incertaine.
Les éléments comiques dans CàlT
Downton abbey, un sérivers pour CàlT!
En tant que sérivers pour Comme à la télé, Downton abbey est un excellent espace où se confronter à deux mondes radicalement différents, pleins d'injustices et de problèmes que l'on rencontre peu lorsqu'il faut crapahuter par monts et par vaux, arborant son plus beau slip en fourrure. Ancré dans notre réalité comme peu d'autres sérivers, situé qui plus est dans une période de fortes contestations sociales, le sérivers offre une expérience de jeu inédite.
Upstairs
L'exemple de la famille aristocratique des Crawley nous offre tous les archétypes possibles pouvant être incarnés lorsque l'on décide de jouer quelqu'un de noble lignage au sein de la maisonnée. L'Upstairs désigne celles et ceux qui vivent dans les étages de la maison, chacun et chacune ayant ses propres affaires, ses propres appartements ainsi qu'au moins un ou deux domestiques attitrés.
Pour les gens de l'Upstairs, les affaires familiales prennent le pas sur toute autre considération, et si leur quotidien peut paraître oisif - il l'est pour certain.e.s - la gestion du domaine ancestral, les affaires amenant des revenus complémentaires, ainsi que la bonne gestion des gens du Downstairs prennent un temps fou, et seront autant d'amorces pour le Metteur en scène dont le principal travail sera de canaliser les activités des gens de l'Upstairs dans une région précise. En effet, contrairement à celles et ceux du Downstairs, les membres d'une famille aristocratique peuvent aisément partir en Italie sur un coup de tête, où décider de faire la tournée des tantes et cousins disséminés dans le Suffolk!
Bien plus libres de leurs actes en apparence, ceux de l'Upstairs n'en restent pas moins liés aux affaires familiales, au cœur de tous les Drames pouvant être mis en place par un Metteur en scène retors. Les affaires de successions mobiliseront toute la famille, et les intérêts personnels viendront invariablement perturber la quiétude toute apparente de la maisonnée.
Downstairs
Le rez-de-chaussée et le sous-sol sont les domaines des gens du Downstairs, les domestiques au service de celles et ceux de l'Upstairs. Ancrés dans la réalité environnante - souvent au contraire de leurs employeurs - ils et elles servent sans se questionner sur leur état, souvent en poste depuis des années. Mais l'époque apporte de profonds changements sociétaux, et les nouveaux employés sont autant d'éléments perturbateurs, amenant des choses exotiques comme le droit de vote des femmes, le syndicalisme, ou des folies comme l'électricité!
Les places de chacun.e incitent les autres à la jalousie, la hiérarchie est très stricte mais un mot bien placé peux très bien tout changer. Le sérivers de Downton abbey reste cependant un microcosme peu perméable avec l'extérieur, et si nous retrouverons toujours une méchante O'brien ou un complotant Barrow, les gens du Downstairs ne contestent que rarement leur position et font au contraire tout pour atténuer les tensions.
Majordome et Gouvernante sont à la tête des gens du Downstairs, ils sont le principal lien, normalement le seul lien, d'ailleurs, entre les deux mondes se côtoyant dans la maisonnée. En charge du recrutement, des assignations de chacun.e et de l'organisation logistique, ce sont les gens de confiance de celles et ceux de l'Upstairs.
Les interactions entre le Downstairs et l'Upstairs forment le sel du sérivers. Ce sont deux mondes étroitement entremêlés mais ne se mélangeant d'ordinaire jamais. Qu'un Tom Branson évolue dans sa condition sociale reste une exception, dont les remous traversent d'ailleurs pratiquement toutes les saisons de la série. Il est recommandé au Metteur en scène de ne pas trop perturber l'équilibre propre à la maisonnée, chacun.e devra plutôt réagir en fonction de sa position, sans même penser à donner son opinion à celles et ceux de l'autre monde.
La série est cependant basée sur le changement, avec de nombreux mariages étant souvent la finalité d'arcs plein de drames. La contestation sociale de l'époque est également un très bon moteur à scénario, poussant ceux du Downstairs à des tentatives de révolte, tandis que celles et ceux de l'Upstairs verront cela comme d'étranges passades exotiques.
La difficulté du Metteur en scène avec ce sérivers va être d'amener des bouleversements au sein de la maisonnée, tout en rappelant à tous leur place, pratiquement immuable, avec cette conscience prononcée du statut social et de la condition. Pas évident, mais les premiers tests avec des participant.e.s ne connaissant que peu la série se révèlent très concluant, montrant encore une fois qu'il n'est nul besoin de monstre à tentacule ou d'adepte de la Force pour s'immerger dans le loisir!
Metteur/ Metteuse en scènes, dans les coulisses!






























