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From dusk till dawn, un sérivers pour CàlT!



Coucou les sérivores! Aujourd'hui, j'avais envie de dépeindre une petite série pas trop finaude, avec beaucoup d'action pas trop planifiée, des gens qui ont souvent chaud, des vampires mexicains et du ketchup, énormément de ketchup. 
Adaptation du film From dusk till dawn, de Robert Rodriguez, Robert Kurtzman et Quentin Tarantino, la série éponyme est également crée par le premier, et approfondira toute une mythologie de buveurs de sang nés à l'époque précolombienne et se perpétuant dans une atmosphère très différente de ce à quoi nous sommes habitués dans le genre. Diffusée par la chaîne El rey (appartenant également à Robert Rodriguez), nous pourrons la voir sur Netflix. 

Trois saisons pour développer une intrigue ne faisant pas dans la finesse, cela peut paraître beaucoup, et si les scènes sanglantes semblent devoir se multiplier à l'infini, nous découvrons une société vampirique intéressante, nourrie de mythes et légendes à base de serpents et de rituels anciens. Nous suivons les frères Gecko, Seth et Richie, qui de braqueurs de banques vont devenir centraux dans les conflits opposants plusieurs clans de narco-trafiquants/ vampires, ils auront au passage entraîné avec eux les membres de la famille Fuller, et attirés l'attention de Santanico Pandémonium... Bon, j'imagine que vous avez toutes et tous vu au moins le premier film - le seul méritant un visionnage - la série pour sa part est un condensé de violence, de sang et de sexe. On aimera, ou pas. L'univers ainsi développé est bien entendu plein de clichés, de défauts, mais la très grande galerie de personnages vampiriques et humains permet de creuser des intrigues, parfois sur les trois saisons du show. Attention, je ne dis pas que c'est du Westworld ou du Watchmen côté densité et profondeur, mais tout de même, avec un postulat de départ plus que léger, From dusk till dawn offre un spectacle tout à fait appréciable, et un sérivers pour Comme à la télé bien sympathique! 


Les humains
Dans le sérivers de From dusk till dawn, les humains servent généralement de repas pour les culebras, ils ne pèsent jamais lourds face à ces prédateurs, et ne sont que prétextes pour des scènes sanglantes. Malgré cela, l'essentiel des prophéties employées comme fils conducteurs dans le show permettent de distinguer quelques héros et héroïnes, liés à de lointains ancêtres, toujours par le sang donc, ou incarnant des fonctions précises. Dans CàlT, une idée d'aventure sera donc de former un groupe dont les membres seraient liés par une telle prophétie, remontant par exemple à l'époque des conquistadors, et d'amener régulièrement des révélations sur des agissements autrement incompréhensibles d'ancêtres.
A noter que si les culebras sont généralement très bourrins, ils semblent pouvoir sentir ces élus, et hésiteront donc souvent à les attaquer. Comme dans Vampire, la Mascarade, la piétaille surnaturelle ne pèse pas très lourd face aux héros et héroïnes, mais les culebras plus anciens, ici nommés les Neufs seigneurs, chercheront à employer utilement de tels mortels exceptionnels, pour leurs petites affaires millénaires - en général se tirer dans les pattes -

Les culebras
Les buveurs de sang mexicains sont divisés en clans chapeautés par les Neufs seigneurs, adoptent pour la plupart la structure des cartels qu'ils contrôlent, et pour faire honneur à la passion de Robert Rodriguez pour le ketchup, sont vraiment de gros bourrins. Comme très souvent dans ce genre de série, leur puissance est étrangement variable, et il est possible d'inclure ce navrant travers lorsque l'on souhaitera créer un groupe de culebras pour CàlT! Attention cependant, la majorité des personnages culebras restent très dangereux, peu importe leur degré de puissance physique. Beaucoup sont anciens et disposent donc de connaissances, aussi bien pragmatiques que mystiques. Il faut d'ailleurs savoir que la magie dans From dusk till dawn reste caractéristique des séries de notre époque (Charmed, Supernatural, Van Helsing), elle n'a que des applications basées sur l'action, la violence et le combat.
Donc oui, il est tout à fait envisageable de mettre en scène des aventures à la Vampire avec une saveur épicée, mais ce sérivers se prêtera plutôt à de l'action pure, légèrement saupoudrée d'intrigues anciennes et mystérieuses. Les culebras sont de formidables adversaires, ils restent cependant décrits comme dotés d'émotions humaines, d'ailleurs souvent exacerbées. Il faut préciser également que, hormis Santanico Pandemonium, ici incarnée par l'étourdissante Eiza Gonzalez, et dans le film par la non moins sublime Salma Hayek, la notion de sexualité outrancière reste à un niveau raisonnable, les culebras, contrairement à leurs contreparties européennes donc, n'en possèdent pas moins de puissantes émotions humaines, mais toujours corrompues par le pouvoir en eux.


En termes de jeu, les humains possèderont 10 jetons à répartir et seront surtout liés par une prophétie leur conférant des connaissances ou indices à des moments clés. Le Metteur/ Metteuse en scènes devra prendre en compte cette destinée singulière, souvent tragique dans la série, et forcir le trait durant les affrontements, l'exécution de plans plus ou moins ingénieux, et en particulier appuyer sur les relations entre personnages, mais surtout entre leurs ancêtres.
Les culebras disposeront de 12 points et pour une caractéristique au moins à 6, bénéficieront d'un pouvoir surnaturel classique; Vitesse supérieure, endurance aux objets magiques, régénération rapide. En outre, ils possèderont des sens surdéveloppés et une très haute résistance aux armes ordinaires. Ils abritent en eux un serpent, leur octroyant leurs pouvoirs, et comme pour les autres créatures vampiriques, sont sensibles au soleil et à l'arrachage de cœur.

Prenons ce sérivers pour ce qu'il est; Une occasion de jouer avec les codes du vampire dans un contexte de truands, de narco-trafiquants et de mythologie pré-colombienne!

Le Arrowverse, amours et crossovers!


Bon, gros morceau que ce Arrowverse, regroupant l'ensemble des séries de la chaîne CW, tirées d'une multitude de comic books de chez DC comics! On en pensera ce que l'on veut, mais ce regroupement de séries connectées offre l'un des plus vastes et riche sérivers connu, équivalent dans ce format du gargantuesque Marvel cinematic universe. Bon alors d'accord, c'est très mauvais, les personnages sont monolithiques, les scénarios toujours les mêmes, l'ensemble suinte de bons sentiments venant directement du service marketing, nous dirons pour être aimable que les effets spéciaux sont rapidement bouclés. Oui, tout cela est vrai. Malgré tout, le Arrowverse offre un très joli cas d'école pour nous pencher sur de nombreuses techniques scénaristiques, celle du crossover n'étant pas des moindres! 

Je ne vais pas vous faire l'historique du Arrowverse, qui logiquement démarre avec l'adaptation de Green arrow en 2012, rajoute Flash en 2014, Vixen en 2015, puis Legends of tomorrow, l'intégration de Supergirl, transférée de chez CBS, et l'arrivée de Batwoman. Bref, beaucoup de héros et héroïnes, beaucoup de saisons pour développer un univers excessivement riche, et une quantité conséquente de télévision à ingurgiter. Tout cela pour des résultats pour le moins mitigés, il est vrai, mais tant bien que mal, ces séries évoluent de manière assez classique, accumulant chacune des personnages, des arcs narratifs, ainsi que du fonds. Les crossovers sont annoncés longtemps en amont, afin de préparer les fans, ils s'appuient toujours sur des comic books ayant fait de grosses ventes, et s'amorcent à travers les cliffhangers des séries impliquées. Même si la qualité et l'ampleur de ces évènements restent très en-deça du matériau de base, évidemment pour des raisons budgétaires, ils n'en sont pas moins des pivots affectant généralement la trame de l'ensemble du Arrowverse, et offrent autant d'occasions de renforcer une certaine mythologie, très populaire aux US. Concrètement, malgré des traitements un peu légers, les crossovers du Arrowverse donnent vie à tous les grands arcs narratifs de ces dernières décennies, et même traité par CW, quelque chose comme Crisis on infinite earths résonne dans l'imaginaire de toutes et tous les fans de comic books.

Le panthéon DC à la sauce CW
Ok, avant d'aborder les crossovers du Arrowverse, deux ou trois mots concernant la transcription des héros et héroïnes mythiques de chez DC comics dans des séries clairement destinées aux teenagers. Avant tout, il y a des romances. Pleins. Tout le temps. Le dosage se doit d'être subtil, une belle histoire pleine de drames, de tensions et d'émotions pouvant rapidement basculer dans la plus absurde mièvrerie. Et j'avoue que dans le Arrowverse, la bascule est trop souvent faite. La faute, entre autre cause, à un rythme trop rapide. Le cahier des charges doit être excessivement difficile à gérer, les crossovers rassemblant les plus gros taux d'audience, il faut amener toutes les séries au même point à une période donnée, tout en donnant de la consistance aux différents protagonistes. Car oui, individuellement, les séries de CW se ressemblent toutes dans leur structure narrative, les épisodes se suivent et se ressemblent, mais il y a malgré cela des fulgurances passant pour honnêtes, des émotions poignantes rattrapant presque à elles seules des shows autrement sans grand intérêt. 
La formule des séries CW est bien rôdée, jouant sur le fan service avec des personnages ou des équipes mythiques, comme l'apparition de la Justice society of America ou des membres de la Légion. Le soufflet retombe généralement bien vite, mais il faut bien admettre que pour les passionné.e.s de l'univers DC, de telles annonces titillent la corde sensible. Je n'en ai clairement pas une très bonne opinion, mais il me faut admettre que la formule choisie par CW est bien raccord avec la tentative de DC de s'offrir la création d'un véritable panthéon mythologique sur grand écran. Les fameux crossovers permettent d'ailleurs de magnifier les personnages durant des arcs majeurs, et en ce sens, le Arrowverse réussi à nous présenter des moments épiques, des affrontements entre des êtres pratiquement divins, voir même quelques instants de tension dramatique tout à fait plaisant.
Ce côté dramatique, qui aurait dû caractériser DC dans ses tentatives cinématographiques, se dilue tristement dans de l'ordinaire chez CW, il faut cependant bien reconnaître qu'il est bien présent, donnant une raison de s'intéresser à son cas.



Le Crossover super-héroïque
Technique scénaristique impliquant la convergence d'arcs narratifs d'ordinaire sans lien, tournant autour d'antagonistes parfois adversaires, parfois parfaits étrangers, le crossover est depuis longtemps devenu une tradition dans l'univers des comic books, et se transpose ainsi très bien dans les sérivers, particulièrement ceux des amateurs et amatrices de slip par-dessus les vêtements. Oui, la série Defenders de Netflix/ Marvel est bien une tentative de crossover entre leurs héros et héroïnes, mais cet autre rassemblement de personnages s'est encore plus enlisé, scénaristiquement parlant, dans une sorte de marasme particulièrement désagréable, avec en prime une annulation de ses shows, pour cause de Disney.
Dans le Arrowverse, la notion de crossover a rapidement vue le jour, impliquant une rapide multiplication des personnages tirés des comic books, cela afin de pouvoir offrir un équivalent en terme d'envergure et de narration épique. Oui parce qu'un Crisis on infinite earths avec seulement Green arrow et Flash, c'est plutôt léger. L'arrivée des Legends of tomorrow libère d'ailleurs des moyens et accroches pour tenter des choses de plus en plus ambitieuses. Malgré des moyens limités, ou mal employés, le Arrowverse devient une énorme machine dont tous les arcs prévoient dès le départ de converger vers ces évènements marquant, qui ramèneront d'entre les morts personnages secondaires et méchants, bouleverseront la trame du Temps, et provoqueront ruptures ou réconciliations. Oui car je le rappelle, le Arrowverse est à 50% composé de romances compliquées, à 50% de fin du monde, et à 10% de choses épiques. La formule est servie par la majorité des chaînes continuant à proposer des saisons à rallonge de leurs séries, préférant la mobilisation de leur audience sur de longues périodes plutôt que sur des arcs plus courts, concentrant le drama et l'intensité. C'est regrettable, en particulier pour le genre super-héroïque qui tourne très vite en rond avec ses personnages monolithiques et l'unique solution à leur disposition; la bagarre. Mais encore une fois, le Arrowverse de CW a fait du crossover sa spécialité, amenant l'ensemble de ses castings vers des évènements cataclysmiques, à coup de grandes annonces et d'introduction de personnages mythiques provenant des pages de comic books. Oui, la chaîne dispose d'un vivier pratiquement illimité pour nourrir son vaste univers étendu, et sait parfaitement bien s'en servir, se permettant même de surfer sur les tendances, comme en ce qui concerne l'introduction de Batwoman. Le network aura d'ailleurs l'intelligence de ne pas commettre la même erreur que DC face au succès des films du MCU, cherchant à imiter sans succès une formule inadaptée à leurs héros et héroïnes. Le Arrowverse est souvent très kitch, mais possède son identité propre, avec ses versions de toutes les grandes figures mythologiques, comme Superman. Et aussi étonnant que cela puisse paraître, les crossovers cimentent ce vaste ensemble, le nourrissant de tensions dramatiques et de méchants tellement méchants!



Station eleven, le post-apocalypse apaisé


Coucou les sérivores
! Station eleven est à l'origine une nouvelle post-apocalyptique d'Emily St-John Mandel, adaptée par Patrick Somerville - scénariste de the Leftovers - pour HBOmax en une mini-série de 10 épisodes.  

Nous y découvrons les destins croisés de plusieurs personnages, à différentes époques de leur existence, à partir d'une pandémie oblitérant l'Humanité d'une manière foudroyante. Le titre de la série est celui d'un comic book, crée par l'un des personnages, et qui affectera plusieurs protagonistes. 

La série se caractérise clairement par son rythme lent, nous montrant les communautés croisées par la Symphonie itinérante, une troupe de théâtre, grande amatrice de Shakespeare, suivant des étapes annuelles immuables, afin de donner autant de rendez-vous aux îlots de civilisation perdurant vingt ans après la pandémie. On accrochera ou pas à ce récit posé, nous présentant essentiellement des groupes d'individus souhaitant vivre paisiblement et en bonne cohabitation. Bien entendu, certains groupes pillent et menacent, mais ils sont minoritaires, et ne représentent qu'un danger diffus. Tout comme l'angoissante montée en puissance du Prophète, et qui finalement s'avère être... Autre chose. 

La narration via les destins croisés est encore une fois amenée par de heureux hasards, et les personnages sont aussi surpris que nous de retrouver des amis de leur vie d'Avant, Patrick Somerville sait très bien gérer ce type de développements, poussés ici à leur paroxysme. La série qu'il nous présente est une succession d'épreuves intimes, de violences personnelles, construisant les protagonistes dont nous voyons se dérouler les vies dans le désordre chronologique. Il faut une grande maîtrise afin de parvenir à entretenir cohérence et montée en puissance du drama, elle est présente ici du premier au dernier épisode. A titre personnel, je me demandais durant les premiers épisodes ou m'emmenait le show, avec au final probablement le plus bel épisode de fin que j'ai pu voir. 

Mais donc, Station eleven est un post-apocalypse ordinaire. Pas de cannibales, juste un monde se reconstruisant avec ce qu'il reste de l'ancien, des modes de vie un peu plus rudes, mais surtout le souhait pour les anciens de préserver et partager leurs traditions, ici le théâtre shakespearien comme lien communautaire, mais également entre êtres humains. 

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La série nous présente elle-même des possibilités d'adaptations pour Comme à la télé. Nous pourrons ainsi y incarner une troupe comme la Symphonie itinérante, se heurtant aux dangers d'un mode de vie nomade, avec l'entretien des véhicules, des voitures et roulottes tractées par des animaux de bât, la recherche de nourriture et d'eau dans des villes abandonnées, les animaux sauvages et les groupes de brigands avec qui négocier. Car oui, dans Station eleven, les artistes de la troupe ne sont que cela, pas des bi-classés guerriers ou ninja. Nous pourrons également envisager de jouer les éléments d'une communauté tentant de perdurer, peut-être avec une source de courant, un accès à une ressource alimentaire, et là encore, la menace de pillards. La série nous fait comprendre que dans un tel monde, sans le confort que nous connaissons, les groupes humains ne sont pas certains de survivre aux hivers. Enfin, nous pourrions très bien incarner une communauté s'étant donné un but, comme les gens du Muséum des Civilisations. Nous enverrions alors nos collecteurs et collectrices à travers les ruines accessibles, en quête des œuvres de l'Avant. 

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En termes de jeu, Station eleven n'est clairement pas portée sur la flamboyance. Les protagonistes seront des humains ordinaires, avec éventuellement une Spécialité pragmatique. Je conseil de démarrer avec 8●, et la vie post-pandémie étant visiblement particulièrement rude pour beaucoup, il serait intéressant de jouer des handicaps physiques ou mentaux. 

Comme dans le show, il sera intéressant d'interconnecter tous les protagonistes, de manière indirecte, mais en créant ainsi un réseau de liens émotionnels forts. Il n'y a pas véritablement de but dans Station eleven, mais plutôt l'incitation de retrouvailles, afin de guérir et soigner les traumas du passé. C'est là je crois une très intéressante expérience à vivre, différente des habituelles sessions épiques ou tragico-comiques des séries américaines. 

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Le cold open, un préambule utile


Coucou les sérivores! L'ouverture à froid, plus communément nommée Cold open, est une séquence pré-générique employée pour diverses raisons, cela depuis les années 60. La plupart du temps, elle propose un résumé des épisodes précédents, bien utile pour les feuilletons et autres sagas. Un Cold open est de plus employé comme introduction à l'intrigue se développant durant l'épisode en cours, avec par exemple une présentation d'un personnage introduit par la suite, comme une sorte de mini origin story, amenant plus facilement à l'attachement. Enfin, le Cold open peut aussi ouvrir l'épisode avec une scène, une présentation et se terminer au début du générique par un pic dramatique. Deux choses se produisent ensuite; Soit l'épisode démarre dans le prolongement de son cold open, soit ce dernier montrait simplement une séquence du milieu d'épisode, qui sera ensuite reprise avec son développement. 

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Et donc, comment intégrer un Cold open dans Comme à la télé? Rien de plus simple. Soit, il pourra s'agir d'une présentation de la situation initiale, présentée oralement par le/la Metteur en scènes, permettant de saisir immédiatement les enjeux, et plongeant les participant.e.s dans l'action. Soit il sera intéressant de présenter un antagoniste, peut-être encore inconnu des protagonistes, ou alors une vieille connaissance aux motivations toujours floues, mais à une autre époque. Encore mieux, les participant.e.s ne devraient pas avoir l'opportunité de saisir que cette présentation d'un personnage a priori inconnu concerne une connaissance. Ce n'est qu'en dosant les informations - un nom de lieu, de parent de l'antagoniste - qu'ils et elles devront avoir la puce à l'oreille. L'intérêt d'un tel cold open sera une mobilisation de l'attention du groupe, qui ignorera à quel moment apparaîtra le personnage concerné, ou s'il a déjà été rencontré. 

Bien entendu, le/la Metteur en scènes pourra également laisser tout le travail du cold open à un.e participant.e.s! A chaque début d'épisode, la narration d'introduction sera ainsi assignée à une personne différente, encore une fois, en vue du développement de celui-ci, ou d'un autre, en lien avec des éléments qu'il ou elle souhaitera intégrer dans l'épisode. C'est un exercice que je ne recommande bien sûr pas à des novices, pouvant se perdre dans un tel développement, mais lorsqu'il s'agit de créer une série CàlT en narration partagée, le cold open devient un outil stimulant, pouvant permettre une appropriation du développement initial par tout le groupe. 

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Vous connaissez toutes et tous des cold open, très courants aussi bien dans les soap que dans les séries fantastiques, voir même dans les journaux télévisés, où est présenté un sommaire. Pour les séries, ils permettent de donner le ton, de dynamiser en préparant des éléments de suspense. Et dans la majorité des films américains, ils sont désignés comme des scènes pré-génériques - celles ouvrant tous les James Bond, par exemple! 


Paris police 1900... Transcrire la réalité crue.


Coucou les sérivores! Bon alors je ne vais rien vous révéler concernant cette nouvelle série de Fabien Nury, proposée par Canal+, mais si vous êtes de bonne humeur, que vous avez le moral, alors n'hésitez pas à la visionner, ça passera crème. Si par contre vous avez un petit coup de mou, attendez un peu, car Paris Police 1900 nous montre ce début de XXème siècle de manière assez frontale, sans fioriture ni belles valeurs humanistes. 

Pour faire du jeu de rôle à la Belle époque, il existe déjà des suppléments pour l'Appel de Cthulhu, et de par chez nous, avec quelques adaptations, nous avons l'excellent Maléfice. Je donnerai plus loin quelques conseils pour y jouer avec Comme à la télé, mais il y a un point que je voulais aborder avec vous; La noirceur inhérente à notre réalité, transcrite en sérivers, sans l'équilibre gentillet hérité de ce bon vieux manichéisme. 

Dans Paris Police 1900, Fabien Nury nous dépeint une époque excessivement sombre, empreinte de violence à tous les niveaux de la société parisienne. Les bonnes séries françaises savent restituer la crasse des rues comme des gens, nous sommes ici sur le dessus du panier, avec une reconstitution de Paris bien sale, et des parisiens toutes et tous plus inquiétants les un.e.s que les autres. J'imagine sans mal que la véritable violence de la série, celle à l'encontre des juifs, finira par faire une énième polémique, si utiles à nos politiciens actuels, qui réagiront sans surprise comme ceux de ce Paris Police 1900, avec tout l'opportunisme que nous leur connaissons. La série est d'ailleurs présentée comme un miroir de notre société. Bref. Bien plus que dans des shows comme Spartacus ou Game of thrones, c'est ici la noirceur d'âme des individus qui est montrée. La corruption est généralisée et bien des comportements passant pour allant de soi nous sont intolérables. 

Je ne dois probablement pas bien vous vendre la série, mais il est en fait très intéressant de décortiquer les mécanismes animant un tel show. Comment maintenir les spectateurs, et par extension les protagonistes, dans un sérivers où l'espoir semble ne pas exister, et où les bons sentiments sont autant de faiblesses pouvant amplifier encore un peu plus l'injustice? Eh bien, d'un point de vue technique, le découpage est très dynamique, avec de nombreux aller-retour entre les différentes scènes, progressant toutes de concert vers des croisées amenant plusieurs interactions attendues. Surtout, si les personnages semblent souvent dénués d'humanité, ils possèdent leurs faiblesses, et malgré tout, certaines qualités. Je pense comme ça au Commissaire Cochefert, qui se montre toujours très mesuré, avouant même qu'il n'a rien d'un héros... Sauf que, comme tout bon comique bien employé, il fait les bonnes choses au bon moment. Toute la saveur de l'écriture de Paris Police 1900 vient du fait que l'on nous présente essentiellement des personnages détestables, parfaitement intégrés dans le décors sombre et violent de leur époque, pour ensuite les voir évoluer par petites touches d'humanité. On se prend à s'attacher à ceux que l'on aimait détester depuis plusieurs épisodes. 

Alors oui, la politique est sale, opportuniste et sans cœur, cela nous rappellera des choses, l'antisémitisme est le principal moteur de haine, tout du long de cette série, et il n'y a même pas une forme américano-débile de justice divine pour punir tout les méchants à la fin. Malgré cela, je vous recommande vivement cette série, ne serait-ce qu'en tant qu'exercice pour vous frotter à des univers rôlistes véritablement sombres. En somme, il faut normaliser les plus basses émotions, atténuer les belles valeurs morales, moquer les actions héroïques et voilà un beau sérivers qui fera du Monde des ténèbres un univers riant! Mais attention, comme dans la série, tout cela ne doit rester qu'un vernis sous lequel subsistent des valeurs positives - même si elles seront souvent contingentées par des motivations personnelles - que les protagonistes devront régulièrement percevoir, afin d'avoir un sentiment d'espoir. 

Cette réflexion me ramène vers un ancien univers pour DD3.5, Midnight. Dans ce monde de fantasy bien sombre, le Mal règne sur pratiquement tout le continent, les anciens dieux ont disparus, et seules quelques poches de résistance subsistent. Dans un tel monde, le moindre villageois est un espion, les orques maraudent librement et l'espoir n'est qu'une toute petite flammèche. Très intéressant de jouer dans un tel cadre. J'ai d'ailleurs écris un article, c'est par ICI.

Mais bref, je m'égare. Paris Police 1900 nous montre bien qu'en bougeant les curseurs rôlistes vers une réalité violente et sans grandes valeurs morales, quelque chose proche de notre quotidien, il est possible de former des trames complexes, aussi bien à travers de classiques enquêtes qu'en essayant de décrypter les méandres d'esprits froids et prudents. Le dosage est plus acrobatique, et c'est pour cela qu'il est si difficile de créer des univers rôlistes foncièrement sombres. La quantité d'espoir doit être infinitésimale, mais accessible aux protagonistes, comme d'ailleurs aux antagonistes, pouvant percevoir une forme de salut. Ce n'est qu'un début de réflexion sur cette transcription de la réalité crue, mais cette série, pas non plus exempte de défauts, m'aura incitée à aller voir vers ce fameux côté obscur de la conception d'univers de jeu. 


Pour adapter Paris Police 1900 avec Comme à la télé, pas de problématique particulière au niveau des règles. Ce seront des personnages ordinaires avec un total de 8 ◯, les phrases-chocs se devront d'être moins drôles qu'à l'accoutumée, et il s'agira plutôt de créer une atmosphère pleine de désespoir, avec de la violence physique et verbale, créer des antagonistes aux valeurs négatives, et très peu de bonté dans les relations humaines. Les allié.e.s possibles auront une carapace de méfiance si épaisse que les protagonistes devront se démener pour nouer de véritables liens. La série avance à un rythme assez rapide, de tels liens n'apparaissent donc qu'à l'approche du dénouement, mais il est intéressant de voir des personnalités comme celle du Préfet Lépine ou Joseph Fiersi évoluer vers un peu d'Humanité.

Comme indiqué plus haut, jouer dans un tel sérivers sera sûrement troublant, voir désagréable, pour certain.e.s, la violence physique est malheureusement habituelle dans les jeux de rôle, mais cette noirceur sociétale donne aisément un goût de bile, en particulier s'il faut jouer dans une société ouvertement raciste - selon nos critères - en pleine quête identitaire et politiquement instable. Honnêtement, hormis dans un cadre bien précis et pédagogique, très encadré, je me vois mal proposer une telle société comme cadre de jeu. Mais il est également important de ne pas mettre l'Histoire de côté, dans ses aspects les plus laids, sous prétexte que ce n'est pas Charlie, ou soi-disant choquant pour nos morales tellement plus élevées. Fabien Nury a fait un formidable travail de documentation sur cette époque, et la série est présentée comme un miroir de notre monde d'aujourd'hui, ce qui n'est pas particulièrement faux. Je suggère donc de suivre cet exemple en essayant de jouer dans le sérivers sombre et violent de Paris Police 1900!



Créer un sérivers à la Queen's gambit!

 

Coucou les sérivores! Bon, j'imagine que vous avez toutes et tous au moins entendu parler de the Queen's gambit, une toute récente série Netflix à laquelle j'ai pour ma part bien accroché, me forçant à ne pas binge-watcher pour savourer cette belle création, et surtout, la prestation impeccable d'Anya Taylor-Joy, actrice également dans the Witch, un super film. Bref, ici c'est Comme à la télé, pas Comme à les films, je vais donc vous proposer un article donnant quelques ficelles pour adapter the Queen's gambit à CàlT.

L'idée principale est, bien entendu, d'entrecouper les épisodes avec de véritables parties du jeu au cœur de votre sérivers. Cela peut en effet être un jeu abstrait comme les échecs, les dames ou le senet, mais également des jeux plus contemporains, et dans ce cas, les possibilités sont infinies - oui bon, presque - le tout étant d'axer le récit sur la compétition et renforcer l'importance du jeu lui-même, pour en faire un antagoniste à part entière. Comme dans la série, les protagonistes pourront développer des liens et avoir même des comportements rationnels, des attitudes sociales cohérentes - ce qui est particulièrement rare dans nos séries que nous aimons - mais au final, l'un des enjeux majeurs dans un tel sérivers sera de maîtriser le jeu lui-même. 

Que dites-vous de faire des mises de Drama, seul, face à un plateau de jeu? Simplement pour tenter d'apprivoiser la bête, avec des scènes donnant aux pièces un certain mystère, voir, des émotions leur étant propres. Il faut, pour le Metteur en scènes donner de la résistance à la forme matériel du jeu, quitte à octroyer des qualités animales, ou mystiques. Les rencontres avec celles et ceux ayant maîtrisés les arcanes cachées seront ainsi présentés tels des sages, détenteurs de rites mystérieux, plutôt que de simple joueurs et joueuses. 


Attention toutefois à ne pas dépasser certaines limites avec la notion de mystère autour du jeu, les protagonistes restent au centre du sérivers et sont de préférence, au moins des maîtres dans leur art. L'idéal est de présenter des adversaires ou des initiés redoutables, mais possédant des failles - les fameux méchants que l'on aime détester - nous le voyons dans Queen's gambit, l'héroïne semble inarrêtable, sauf par elle-même et ses addictions. 

Un tel sérivers peut être ancré dans l'ère moderne, époque à laquelle se développent des championnats internationaux médiatisés, mais peut aussi plonger jusqu'à la plus lointaine antiquité - on peut même envisager quelque chose de poético-fantastique tel que Cloud Atlas, film des sœurs Wachowski adapté de la Cartographie des nuages de David Mitchell, avec un défi autour du jeu se reproduisant sur différentes époques, amenant alors un élément fantastique intéressant en plus du challenge. Je pense toutefois qu'il faudrait éviter de combiner trop d'éléments fantastiques à la notion de Jeu, se devant d'être centrale dans un tel sérivers. Des époques historiques, plus ou moins fantasmées, donneront de meilleurs points d'ancrages aux participant.e.s, même s'il reste concevable d'élaborer son sérivers autour de références communes, je pense par exemple au quidditch dans l'univers d'Harry Potter, qui pourrait bien convenir.

D'ailleurs oui, la notion du sérivers à la Queen's gambit peut très bien impliquer des scènes autour de véritables parties sportives, comme dans Captain Tsubasa... Olive et Tom! Pourquoi pas? Les participant.e.s conserveraient leurs rôles, mais entrecouperaient des sessions autour de la table avec d'autres sur un terrain, improvisé ou pas. Difficilement concevable pour le rôliste de base, mais en effet, il existe un monde au-delà de la cave où nous créons des univers étranges, autant l'utiliser lui aussi comme terrain de jeu! Sans surprise, nous retrouvons les mêmes ressors dramatiques dans Captain Tsubasa que dans Queen's gambit, ils sont finalement assez classiques, universels, et ce qui donne toute sa saveur à ce genre de sérivers est bien la notion du Jeu comme antagoniste, tel un adversaire en chair et en os. 

Que l'on envisage de jouer sur un ou plusieurs épisodes, la possibilité d'un arc narratif se met facilement en place dans un tel sérivers; Chaque épisode sera ainsi entrecoupé d'une partie réelle du jeu, à partir de laquelle se construira l'intrigue suivante. Tout le drama se construira autour des victoires et défaites, auxquelles il faudra appuyer sur les failles et faiblesses des uns comme des autres. Comme toujours dans CàlT (ma vision du jeu en tout cas), il ne faudra pas oublier de favoriser l'évolution positive des situations, en agrémentant les épisodes d'éléments romantiques, voir même comiques (un article à ce sujet, ICI), le tout pour amener une expérience positive aux participant.e.s. 

Petite précision, à prendre en compte ou non; L'idée d'inclure des parties réelles de jeu implique a minima deux adversaires, qui ne devraient pas être des participant.e.s. Ce sera plutôt le Metteur en scènes qui jouera les antagonistes, et il ne faudra pas hésiter à truquer le jeu - si cela est possible - ou a ramener le jeu de rôle en pleine partie, avec par exemple des mises difficiles à réussir, pour entretenir la notion de challenge. On ne joue pas au Jeu pour lui-même, mais comme outil d'interprétation et de décors dans un sérivers pour CàlT. 

Dernière petite chose, sur laquelle je reviendrai bientôt, la musique. Queen's gambit se démarque, entre autre, par une bande son en or, et sans aller jusqu'à composer vous-même les titres pour rythmer votre sérivers, une sélection de musiques connues permettra aux participant.e.s de noter les références, et de créer plus facilement des scènes d'anthologie. 


Le problème de la [mauvaise] science-fiction

 

Coucou les sérivores! Lorsque dans le titre, je mentionne qu'il y a un problème, vous vous en doutez, ce n'est pas si grave que cela. Cela étant, un petit soupçon de qualitatif scénaristique serait bienvenue! La science-fiction et les séries télévisées, donc. Le genre est toujours étonnement clivant, avec ses amateurs et détracteurs, et en France, une singulière confusion entretenue depuis plusieurs décades fait que le public classe dans ce grand sac à peu près tout ce qui n'est pas Julie Lescaut ou Navarro. En soi, ce n'est pas du tout grave, mais du coup, il faut souvent redéfinir un peu le genre, avant d'aller dans le dur, avec les sous-genres de la sf. Bref. 

Ce que je désigne comme de la mauvaise science-fiction n'en est pas vraiment, grosso-modo, elle rassemble l'intégralité des shows actuels diffusés par SyFy, jadis Sci-Fi, qui pourtant proposa Battlestar Galactica et les premières saisons de the Expanse. Mais voilà le cœur de mon propos; A mes yeux, et dans sa définition première, la sf doit questionner, amener du grain à moudre aux problématiques que nous rencontrons, montrant des avenirs possibles. La pléthore de nouvelles séries sf, comme Vagrant queen, adaptée du comic book de Magdalene Visaggio et Jason Smith, annulée après sa première saison, ne transposent rien, n'interrogent sur rien. Les personnages sont des caricatures creuses, pouvant suffire à l'ensemble graphique d'un comic book, mais s'avérant nettement insuffisantes avec des comédiens et comédiennes. 


Ce genre de show, et sur SyFy, la liste est longue (exemple : Dark matter, Killjoys, the 100, Outpost, etc...), peut tout à fait séduire par son rythme, ou par l'apport d'éléments esthétiques décalés, la pauvreté de leur trame narrative, à base d'accroches tout à fait ordinaires et de cliffhangers mal amenés, ne suffisent cependant pas à maintenir ces séries à flot. Pourtant, les mécaniques inhérentes à la série sont appliqués, de manière peu finaude, mais il est toujours évident que des équipes travaillent sur ces shows. On y trouve invariablement de méchants tyrans possédant toutes les richesses, des miséreux, des héros et héroïnes souvent en marge de cette société, persécutés mais vaillants. En clair, le modèle Star wars et les gestes féodales dont il s'est inspiré a bien été retenu par les scénaristes. 

Et pourtant, tout cela manque d'enjeux réellement puissants, pour un network tels que Syfy, appartenant au groupe NBCUniversal, l'idée de perdre de l'audience trop rapidement incite probablement les producteurs à miser sur les formules à succès, celles des autres shows. Et nous nous retrouvons ainsi avec ce que je qualifie de bouillasse science-fictionnesque, des séries pouvant être regardables, surtout lorsqu'elles sont inspirées de comic books ou de romans, mais n'amenant que l'ennui pour celles et ceux qui, comme moi, cherchent de la dramaturgie, des univers étranges et angoissants. Je viens de terminer la saison 1 de Raised by wolves, sur HBOMax, et encore une fois, il s'agit d'une série clivante; Les uns estiment qu'il s'agit du renouveau de la science-fiction, les autres, dont je fais partie, voient plutôt là un nouveau jalon du déclin de Ridley Scott, nous présentant pour la énième fois des aliens étranges, des humains aux réactions irrationnelles, le tout dans un délire christique particulièrement ennuyeux. Et autant j'arrête de visionner les shows de SyFy après un épisode - souvent bien moins que cela - autant la déception face à une production HBO, dont les moyens sont bien plus grands, déçoit terriblement (ma critique ICI).  


Alors bien entendu que tout ceci n'est que ma perception toute personnelle de la chose. Je visionne toujours les pilotes de ces nombreuses séries, car si les producteurs tendent à faire montre de plus en plus de frilosité face à des questionnements pouvant choquer, et donc détourner - selon eux - leur audience, il y a de l'audace et des parts de marché à prendre. Un bon showrunner, un scénario solide, cela se voit fort heureusement encore bien souvent. Je repense à Star trek Picard, la nouvelle itération de cette franchise, par Alex Kurtzman, sur CBS, eh bien vous n'avez peut-être pas accroché, mais j'ai totalement adhéré au fan-service géant qu'est cette série. Patrick Stewart porte le reste du casting, l'intrigue y est classique mais introduit des éléments intéressants au sein de la société galactique qu'est la Fédération, le rythme est rapide, toutes les cases du cahier des charges sont cochées. Job done. Voilà, pas besoin de trop forcer pour amener un peu de densité dans un show de sf - dit comme cela, c'est éminemment simple! - 

Nous en revenons donc une nouvelle fois à cette problématique du produit de grande consommation, face à l'objet culturel, amenant son influence dans le giron de la pop culture. On ne va pas se mentir, les séries télévisées sont là pour vendre de la publicité, mais des chaînes comme HBO ou AMC soutiennent régulièrement des shows porteurs de messages, favorisant les questionnements. Des séries comme Westworld ou Watchmen nous entraînent dans des futurs hypothétiques assez glaçant, avec des intrigues riches et empreintes d'humanité, ce sont là de beaux exemples de ce que la science-fiction peut nous apporter. Gardons l'espoir, camarades! 


Jouer des teenagers dans CàlT!

 


Coucou les sérivores! Le titre même de cet article doit vous faire soupirer d'exaspération, car dans vos esprits de sériphiles qualitatifs arrivent probablement les premières scènes de toutes ces séries spécifiquement calibrées pour le public des teenagers américains... Ah oui je sais, mes sérivores, les gens du futur, se demanderont pourquoi diable les producteurs des grands networks US prenaient leurs jeunes générations pour des crétin.e.s décérébré.e.s, dominés par leurs hormones! 

J'aborde le thème à travers le prisme de la série fantastique américaine, vous l'aurez compris, car c'est une production qui nous touche, occidentaux, et que ce modèle sociétal nous est imposé depuis longtemps. Les teenagers dans les séries, donc! Le genre de la série fantastique nous ponds mensuellement des élu.e.s devant réaliser des prophéties, sauver le monde, etc... Sauf que l'archétype de l'adolescent américain, incarné par de jeunes adultes, est invariablement présenté comme rebelle et en marge. Une rébellion de façade évidemment, car comme dans le monde de la publicité (et de la communication d'entreprise/ politique), la contestation est maîtrisée, anodine, mais vise suffisamment juste pour mobiliser l'attention, ici des teenagers. Les adultes sont présentés comme garants d'un ordre vieillissant, menacé, que seul l'ado peut sauver, ce qu'il fait en règle général, découvrant après quelques épisodes que devenir adulte implique de grandes responsabilités, et que l'ancien monde est plein de traditions nécessaires, super et géniales. 

Scénaristiquement très pauvres, les séries de teenagers comme Shadowhunters par exemple, pourtant tirée d'une série de romans, ceux de la Cité des ténèbres de Cassandra Clare, se résument à des structures très simples de confrontations, avec de vagues enjeux globaux mais sans aucune intensité dramatique - ce qui de fait, désamorce toute tentative pour impliquer l'audience, mobilisée uniquement par les rebondissements, très souvent sentimentaux, d'un épisode à l'autre. Tout le drama est concentré sur les personnages, utilisant les plus grosses ficelles émotionnelles afin d'entretenir une forme de suspense. 


En soi, la série pour teenager apparaît donc comme un produit sans grand intérêt sériphile, il ne faut cependant pas rejeter tout ce qu'elle peut nous apporter, en particulier dans un jeu du type Comme à la télé. Bien que la série The 100 puisse être considérée comme destinée à un public adolescent, la première saison tente d'amener une certaine dureté dans le monde entourant des teenagers jouant aux adultes. Des morts surviennent, de difficiles décisions doivent être prises, tout cela s'avère prometteur. Mais malheureusement, les personnages principaux retrouvent les travers habituels propres au genre, avec des changements de comportements irrationnels, des attitudes incohérentes face aux situations. Bref, la série, bien que toujours assez qualitative, est rattrapée par toutes les faiblesses des autres séries pour adolescents. 

Mais justement, il est donc possible d'en jouer! D'organiser des sessions de CàlT dans ces sérivers, avec l'optique d'incarner ces personnages totalement illogiques, incohérents et irrationnels, dominés par des pulsions semblant incontrôlables, le tout dans des univers fait de grosses ficelles scénaristiques. Prenons l'exemple de Wynonna Earp, un show de SyFy - spécialiste des séries fantastiques scénaristiquement légères - dans lequel une jeune femme doit affronter des revenants à coups de flingue magique, tout en vivant son quotidien à l'américaine. C'est très léger comme pitch de départ, mais guère plus qu'un show comme Supernatural, qui aligne les saisons en bâtissant sa propre mythologie sur la durée. A partir de ce modèle, rien de plus simple donc que broder une trame autour de jeunes élu.es, ayant des vies "ordinaires" - comprenez celles de la classe moyenne supérieure, c'est plus inspirant - et se retrouvant soudainement, de préférence sans aucune explication immédiate, plongés dans une tourmente d'évènements inexpliqués, fréquemment violents. Le but du jeu sera alors d'évoluer dans le cade du sérivers, et l'un des leviers du Metteur/euse en scène serait d'attribuer régulièrement des ● en récompense de réactions illogiques. 

  • Dans un tel sérivers, l'Audace serait privilégiée sur l'Action ou le Drama, les protagonistes réagissant instinctivement. 
  • La psychologie des personnages, serait changeante, en fonction des besoins de l'épisode, il faudrait donc que les participant.e.s soient prit de temps à autre en aparté afin de redéfinir leurs traits principaux.
  • L'intrigue principale, une menace physique, serait régulièrement parasitée par des interventions du quotidien; Relation romantique, familiale (conflictuelle), professionnelle (recherche d'un job). 
  • La série pour teenagers fait un grand usage du Mac Guffin, un objet aux pouvoirs mystérieux, débloquant toutes les situations - sauf si un autre, plus puissant, lui est opposé. J'en avais déjà parlé dans l'article Magie et phénomènes surnaturels (ICI), l'approche américaine est matérialiste, il est donc inutile d'aborder des aspects spirituels, autrement que par le biais d'obtention de Mac Guffins.
  • Si possible, mais cela peut s'avérer complexe, il faut instiller dans le sérivers des valeurs que nous associons généralement au monde publicitaire; Les protagonistes sont jeunes, rebelles, tandis que les antagonistes sont vieux, oppressifs. La majorité des séries pour teenagers utilisent un pivot narratif, amenant les faux-rebelles à comprendre et accepter le monde des anciens.

On le voit, jouer des teenagers dans CàlT peut être divertissant lorsque l'on s'inspire des nombreux exemples proposés par les networks américains. L'exercice peut également devenir pédagogique, lorsque l'on organise une session impliquant des adolescent.e.s. En effet, en commençant avec des personnages aux traits grossiers, qu'ils et elles s'amuseront à caricaturer, la possibilité de faire passer des messages n'est pas à négliger. A travers des choix complexes proposés par le Metteur/euse en scène, il est possible d'amener la réflexion. 

De la même manière, en session de team-building, incarner des adolescents américains est un très bon point d'entrée, amenant de la légèreté de façade, avant d'entrer dans le dur et devoir collaborer autour de problématique complexes, ramenant aux basiques du savoir-être. 

Nous pouvons donc déplorer que, fréquemment, la qualité des séries pour teenagers ne soit pas bien élevée, il n'empêche que leur potentiel reste fort, en particulier comme sérivers pour Comme à la télé. Il ne leur manque probablement qu'un bon showrunner... Et un changement général de la perception qu'ont les producteurs américains de leur jeunesse!

 


Treadstone, et les séries d'espionnage!



Le genre de l'espionnage est très ancien dans l'univers des séries télé, puisant aussi bien dans la littérature, comme dans le cinéma, il s'est étoffé pour proposer des intrigues complexes, des arcs tortueux et des rebondissements totalement fous. La guerre froide stimule le développement du genre, Danger man, une série britannique de Ralph Smart, remonte à 1960 et incarne bien la prolifération qui cessera cependant après une décennie. Le genre trouve un second souffle après les attentats du 11 septembre, s'adaptant au nouvel ordre mondial, évidemment toujours dominé par les états-unis. On distingue deux catégories, s'entremêlant fréquemment et impliquant soit des éléments déstabilisateurs, visant à frapper un pouvoir politique, ou bien des agences en charge de la défense des nations. 

Pour jouer dans un sérivers d'espionnage, quelques grandes lignes se dégagent, permettant de former assez simplement des arcs narratifs. Tout d'abord, ce genre est ancré dans un contexte géopolitique définissant sa trame. Peu importe l'angle d'approche - le plus souvent, les US combattent les méchants du moment, selon leur dogme - il faut donc mener des recherches liées à la réalité historique, cela pour coller au plus près d'évènements-pivots. Bien entendu, la possibilité d'une uchronie est parfaitement envisageable, comme c'est le cas de l'excellente Counterpart, de Justin Marks, sur Starz, mais la prégnance d'un environnement géopolitique réaliste et dense pose les fondements de la série d'espionnage. 

L'arc narratif se doit également d'être particulièrement ramifié. Les personnages ne semblent jamais être ce qu'ils sont de prime abord, nous parlons d'agents doubles, triples, de changement d'allégeances en fonction d'évènements perturbateurs. Les personnages d'une série d'espionnage sont tout en nuances de gris, le manichéisme n'a pas sa place dans de tels sérivers, sauf si vous souhaitez créer quelque chose de parodique. Ce genre de réflexion peut paraître évident, mais même en étant conscient de la propagande américaine, de sa domination du marché télévisuel, et de l'imposition en douceur de ses valeurs, nous affectent toutes et tous depuis l'enfance, il est donc bon de garder en permanence l'idée que nous allons développer un arc narratif en développant nos personnages de manière riche et complexe.


La série d'espionnage fait un très grand usage du Cliffhanger, amenant la fin d'un arc narratif avec des interrogations, des doutes, et même des scènes non résolues, incitant les participant.e.s à envisager la suite, si possible avec appréhension (petit plaisir de metteur/ euse en scènes). J'écrivais récemment un article sur la Mort et le come-back, un sérivers d'espionnage doit user et abuser de la technique du personnage faussement mort, capturé par ses ennemis, reprogrammé ou corrompu, revenant comme antagoniste.

Un choix important à faire en créant un sérivers d'espionnage est l'échelle de l'action. Jame Bond est un agent secret pas très doué, faisant tout exploser et tuant les méchants à tour de bras. Toute l'action est centrée sur sa personne, on ne voit rien d'autre que les résultats immédiats de ses actes. Dans une série bien construite, comme par exemple Berlin station, de Olen Steinhauer, sur Epix, nous découvrons toute une galerie de personnages complexes, aux allégeances douteuses, et réagissant à des évènements affectant des pays entiers, et dont les répercussions affectent l'arc narratif, parfois de manière radicale. Bien entendu, plus le cadre sera vaste, plus les détails nécessaires et les implications géopolitiques deviendront complexes.


Un très bon exemple est le Bureau des légendes, de Eric Rochant, sur Canal+. Une scène d'ouverture nous présente une situation, apparemment clair, et collant au déroulé du récit. Une fausse piste est introduite et amène un nouvel éclairage sur l'intro. C'est extrêmement classique dans le format de la série télé, et toujours très efficace. Pour CàlT, cette ouverture peut très bien être narrée en aparté, servir de fil conducteur aux participant.e.s, qui développeront leur trame en fonction de leur perception du dénouement. Au metteur/ euse en scènes d'ajuster le récit par petites touches, afin d'apporter une révélation différente. Nous avons là un cas simple de résolution d'enquête.


Dans Treadstone, une série dérivée des films sur Jason Bourne, nous sommes sur deux époques différentes et imbriquées - une technique narrative très intéressante, dont je reparlerai en abordant Westworld - dans lesquelles les actions des antagonistes du passé influent sur celles de ceux du présent. Outre la notion de maîtrise du renseignement, nous avons ici des agents dormants, aux personnalités entièrement façonnées par des programmes de type MK Ultra, et devenant de véritables machines à tuer, une fois activés. Honnêtement, ce n'est pas de la super série, mais c'est bien ficelé, distrayant, et surtout, la trame est facile à percevoir, avec des rebondissements prévisibles. Les soviétiques sont présentés comme les méchants, les américains sont donc les gentils, on perçoit bien la faiblesse de cette approche. Malgré tout, Tim Kring parvient à donner une identité à la série.

Misfits, un sérivers pour CàlT!



Misfits, une série britannique de Howard Overman, en quelques saisons de qualité variable, mais avec une accroche tout à fait stimulante, en particulier en cette ère de domination super-héroïque marvellienne! Dans Misfits, les personnages principaux, tout comme leurs antagonistes, ont acquit de formidables pouvoirs durant une mystérieuse tempête... Le pitch habituel incitant à enfiler un collant moulant et coloré, puis aller sauver quelques veuves et orphelins. Sauf que nos héros et héroïnes mènent des vies ordinaires, qu'ils et elles ne comprennent pas grand chose à ce qu'il se passe, et que leur seul point commun est d'être ensembles condamnés à des peines de travaux d'intérêts généraux. D'une mort malencontreuse à des rencontres avec d'autres détenteurs et détentrices de pouvoirs rendus fous par ces derniers, nos personnages vont donc vivre des aventures sans aucun rapport avec celles de nos Avengers ou Justice league que nous aimons tant détester.



Les super-héros et héroïnes
Vous allez incarner des gens ordinaires, pas vraiment dénués d'empathie ou de sens de l'honneur, mais vivotant un peu en marge d'une société qui vous rejette, pour l'origine de vos parents, ou le lieu où vous vivez. Marginaux, vous survivez de petits trafics, de magouilles et de bons plans foireux. Finalement, vous vous retrouvez condamné aux TIG, les travaux d'intérêts généraux. Une corvée, mais également un moyen de passer le temps. C'est à ce moment que la foudre s'abat sur vous. Littéralement. Et lorsque vous vous réveillez, indemne, vous vous découvrez des pouvoirs surhumains... Pas une super-force ou la capacité de voler, mais plutôt des versions de ces formidables capacités, ramenées à vôtre humble niveau. Eh oui, vous avez probablement une vision rayon x, mais elle est incontrôlable, ou fait brûler les choses que vous fixez trop intensément. Vos poings se changent en pierre, véritablement, et pour plusieurs heures. Vous contrôlez le taux de glucide dans le sang des autres, provoquant des crises de diabètes dans tout le quartier.
Clairement, vous n'êtes pas le nouveau Captain America, ou la nouvelle Miss Marvel du coin. Tant bien que mal, il va vous falloir gérer ces capacités incontrôlables, tout en essayant de faire profil bas face aux autorités, qui vous surveillent déjà, le tout en tentant de régler ce quotidien toujours très compliqué.

Le TIG
Vôtre nouvel univers est celui du centre social local, où sont exécutées les peines de TIG. Pas d'autre choix que de vous présenter tous les jours devant votre contrôleur, un travailleur social assermenté, très souvent envahissant votre existence, et avec lequel il faut composer. Certain.e.s sont de vraies peaux de vaches, d'autres croient en votre réinsertion dans les rouages de la société, toutes et tous sont malheureusement inconscients que vous possédez des pouvoirs incroyables, et il est clair que leur premier réflexe en découvrant vôtre secret sera d'appeler l'armée, ou un service secret gouvernemental quelconque, bref, vous rajouter des ennuis.
Le TIG est un lieu de danger, mais également le seul endroit où il vous est possible de vous retrouver entre détenteurs de pouvoirs singuliers. Les distributeurs de boissons et de nourriture, les douches communes et toutes les fournitures dans les bureaux, la télé et les ordinateurs, tout cela est ici facilement accessible pour qui sait se faire discret, embobiner les travailleurs sociaux, ou qui dispose d'un double des clés.



Les Antagonistes
Vous les connaissez peut-être, la zone touchée par la tempête vous ayant donnée vos pouvoirs étant finalement assez réduite, elles et eux aussi ont des capacités extraordinaires, certain.e.s arrivent à les maîtriser, le plus souvent pour leurs propres intérêts égoïstes, mais la plupart du temps, ce sont des gens comme vous, sans réel contrôle sur ce qui leur tombe dessus. Clairement, une force invisible semble vous pousser les uns vers les autres, provoquant les situations menant à des rencontres souvent incongrues. Bien trop fréquemment mortelles.
La série nous montre que les personnages principaux sont toujours en difficulté face à ces antagonistes. Il semble impossible de s'entendre sur le long terme, et les situations dégénèrent toujours, encore une fois par des coups du sort surprenants. Est-ce que le Destin interdit l'entente entre individus détenteurs de pouvoirs? Où les personnages principaux sont-ils une exception voulant que le pouvoir corrompt, eux exceptés? Difficile à dire, mais les ressorts dramatiques instaurés par le Metteur en scènes voulant cette inéluctabilité seront bien entendu facilités.
Un point important à souligner; Les détenteurs et détentrices de pouvoirs ne se reconnaissent pas intuitivement. Ils et elles s'attirent inexplicablement, mais ne comprennent souvent que trop tard la nature de l'attraction. Il ne s'agit aucunement d'un sixième sens comme dans la série Highlander - prochainement traité pour CàlT - mais plutôt d'une grosse ficelle scénaristique que nous nommerons Destin.


La série Misfits se veut orientée vers le comique graveleux de situation. Les personnages sont jeunes, désabusés et avec des préoccupations plutôt terre-à-terre. Il n'empêche que des éléments tragiques peuvent, et doivent, être introduits. Simon est en mesure de voyager dans le Temps et revient prévenir ses camarades d'un évènement inéluctable. Cette intrigue fait le succès des premières saisons, la série se diluera ensuite dans des trames peu construites et inintéressantes.
Contrairement à d'autres sérivers où des pouvoirs surhumains peuvent affecter les caractéristiques, les capacités dans Misfits sont un peu moins clinquantes. Immortalité, voyage dans le Temps ou contrôle mental, tout cela existe, mais se voit présenté sous un jour plus léger, moins impressionnant, avec toujours des effets secondaires particulièrement gênants.

Black sails, un sérivers pour CàlT!



Série phare de la chaîne Starz, Black sails est une création de Jonathan E. Steinberg et Robert Levine, nous narrant les histoires tragiques de tous les pirates, qu'ils et elles soient historiques ou mythiques. Alors oui, hormis les noms et quelques évènements marquant, les chronologies sont un petit peu bousculées, afin de rassembler tout ce petit monde dans quelques saisons se déroulant sur quelques années. Les historiens auront les yeux qui saignent, et les amoureux de Robert Louis Stevenson hurleront à la lune en découvrant qu'il s'agit-là d'une préquelle à son roman, l'île au trésor. Mais clairement, pour nous autres sérivores, Black sails fonctionne très bien, et l'on se met donc très vite à détester le personnage principal, ce bon vieux Capitaine Flint, qui nous entraîne dans des Caraïbes fantasmées, mélangeant intrigues politiques, rêves de pirates et grosses bagarres étourdissantes. Voyons comment nous pouvons dégoter un bateau, un équipage, et rallier les rêves fous donnant une ligne directrice originale à cette excellente série! 

Les pirates
Ils et elles forment des équipages, sous le commandement d'un Capitaine, élu par eux, et répondant souvent de sa vie après de mauvaises prises. Naviguant à bord d'un navire au nom inspirant la crainte, ce sont des êtres libres, suivant un code d'honneur souvent enfreint, mais néanmoins bien établi. Certain.e.s sont des psychopathes sanguinaires, massacrant femmes et enfants, coulant les navires marchands dont ils pillent les cales, mais beaucoup sont de simples amoureux et amoureuses de la mer, fuyant l'oppression d'une civilisation, qui dans cette série est perçue comme une terrible menace. Les nationalités n'ont pas d'importance, tout comme les passés, laissés sur le quai derrière eux. 
Dans Black sails, c'est le charisme du Capitaine qui le lie à son équipage. Peu importe ses échecs, tant qu'il ou elle continue à inspirer la crainte, à proposer des coups juteux, l'équipage le suivra. Nous découvrons un monde d'intrigues, n'ayant rien à envier aux machinations des méchants de la série, qu'ils soient anglais ou espagnols. Les alliances au sein de l'équipage se font et se défont, la limite, pourtant souvent franchie, étant un duel à mort codifié. 

Les personnages dans Black sails seront donc plutôt perçue comme des Jack Sparrow plus sombres, plus violents, mais vraiment comme des stars du rock de l'époque. Ils et elles terrifient les gens du commun, trimant sous le joug d'empires européens lointains, mais suscitent également l'admiration, pour un mode de vie sans réelles attaches. Ils et elles vogueront d'un mauvais coup à l'autre, dilapidant souvent leur fortune, équitablement partagée par l'un des leurs, dans les tavernes de villes peu regardantes sur la provenance de marchandises. Des pirates flamboyants comme Flint ou Charles Vane sont alors vu comme de terribles menaces, mais bien d'autres, tels Benjamin Hornigold, passent plutôt pour des marchands modérés. 


Les Anglais
Ils représentent l'empire du mal, lointain, inhumain, en pleine transformation et réclamant toujours plus de taxes à leurs colonies. Redoutables sur les mers, ils disposent d'une puissance face à laquelle les pirates ne peuvent se mesurer. Dans la série, seuls des Capitaines comme Flint, alliant un savoir militaire à de l'audace peuvent espérer réchapper à une rencontre avec un man'o war à la puissance de feu très supérieure. Plusieurs officiers anglais sont dépeints comme arrogants, ils sous-estiment leurs adversaires qui parviennent ainsi à leurs causer des pertes. Mais face à la british navy, la majorité des pirates préfèrent fuir. La série se focalise sur l'empire britannique car c'est de là que vient Flint, et c'est contre lui qu'il entre finalement en guerre, mais Black sails mentionne également les Espagnols, plus inquiétants et tout aussi puissants que les Anglais. La poursuite de l'Urca de Lima, un galion espagnol chargé d'or, prendra toute la saison 1 avec un dénouement en saison 2. Avec les menaces de Flint, et plus encore de Teach (Barbe noire), les Anglais envoient des officiers moins scrupuleux, la violence supplante la moralité de façade, et les bains de sang deviennent monnaie courante, hâtant la fin de la piraterie et amenant la mort de nombreux personnages principaux. 


Nassau et les autres alliés
Apparemment, la ville de Nassau fait tranquillement ses petites affaires avec les nombreux équipages pirates, en mesure de faire du commerce de manière plus ou moins tumultueuse. Eleanor Guthrie régente la cité au nom de son père, et bien que sa manière de faire et ses moyens ne semblent guère réalistes, elle incarne l'autorité, exactement de la même manière qu'un Flint ou qu'un Vane. La ville est gardée par un fort équipé de canons pointant la baie, mais plusieurs ennemis parviendront à prendre le contrôle de Nassau, qui reste visiblement une exception dans la série. 
Les pirates ont cependant de nombreux alliés, peu regardant, parfois même loyaux. Ils et elles peuvent ainsi naviguer, traquer des navires marchands dont ils écouleront les cargaisons dans des ports respectables, grâce à un réseau d'intermédiaires. Il faut noter également que les Capitaines charismatiques n'ont clairement aucune peine à compléter leurs équipages, leur mode de vie suscitant bien des vocations au sein des colonies. 
L'essentiel des interactions entre pirates et Nassau ou d'autres alliés équivalents consistera à organiser ensemble des coups juteux, le plus souvent en cherchant à se trahir. Chaque expédition nécessite l'entretien du navire, de la poudre à canon, des vivres, et seuls ces précieux et trop rares alliés peuvent les fournir aux pirates. Attention donc à ce que les intrigues ne dégénèrent pas au point qu'un Capitaine soit banni du lieu.
Dans sa guerre pour la création d'une nation pirate, Flint mobilise de nombreux équipages semblant prospérer en alternant commerce à peu près honnête et pillages. Nous n'en saurons pas plus sur ces navires, mais voilà une piste à creuser pour s'éloigner un peu des intrigues centrales de la série.


Black sails est une série sur les pirates, c'est vrai, mais son traitement moderne se concentre sur les aspirations des individus. La plupart se trahissent pour l'or ou le pouvoir, mais au final, toutes et tous se rallient autour de leurs sinistres bannières, représentant un mode de vie menacé et précaire. Hommes et femmes libres, les pirates sont ici perçu comme autant de héros et héroïnes, refusant la civilisation et préférant mourir plutôt que de se soumettre à la loi britannique. 
Un aspect plus frivole, mais essentiel, des pirates dans Black sails; Le style! Oh oui, toutes et tous sont badass, avec des attitudes, des postures, et des looks impressionnants. On le remarque, les personnages principaux et secondaires se caractérisent nettement face aux gens du commun, et même aux Anglais, tous en uniforme. 

Pour incarner des pirates dans Black sails, je suggère d'utiliser 7 points de création, tout en maintenant la norme à 6 pour les figurants. Ce sont en effet des super-héros, capables de prouesses incroyables, grâce à une farouche volonté de vivre libre. Cela doit pouvoir se refléter dans leurs capacités. Un dernier point; Ils et elles devraient pouvoir déjouer la mort en sacrifiant par exemple 4 jetons noirs. Leur mort serait alors certaine... Mais en fait pas du tout!