The Expanse, un sérivers pour CàlT!

 


Coucou les sérivores! Alors oui je sais, il existe déjà une version jeu de rôle dans l'univers de The Expanse, par Steve Kenson, éditée par Green ronin publishing et utilisant leur système AGE. J'avais par ailleurs envisagé une adaptation avec le système FATE Accéléré, mais toi-même tu sais, frétillant.e sérivore, Comme à la télé est là pour offrir quelque chose de léger en terme de règles, mais aussi de mise en place, et surtout, sert à ouvrir de plaisantes sessions avec un minimum de matériel, ce qui - tu en conviendra, délicat.e sérivore - est tout de même bien plus commode que de se trimballer de beaux livres épais, sur lesquels renverser du café et des miettes de chips est difficilement envisageable. 

Et voici donc le sérivers The Expanse, pour CàlT!

Tout d'abord, un rapide tour d'horizon de ce qu'est la série, depuis peu transférée sur Amazon Prime. Adaptée d'une série de romans de SA Corey, pseudonyme derrière se cachent les auteurs Daniel Abraham et Ty Franck, the Expanse nous emmène deux siècles après nous, dans un système solaire en train d'être colonisé selon les bonnes vieilles recettes de l'impérialisme occidental; Peuples opprimés exploitant des ressources ensuite rapatriées vers la Terre ou Mars, les deux superpuissances d'alors, se préparant évidemment à la guerre. C'est dans ce contexte très classique donc que vont se construire différentes intrigues, avec en ouverture un mélange des genres polar et hard-sf, plutôt intéressant et vraiment bien adapté dans la série, qui finie par virer à un space opera ou se mélangeront intrigues politiques, course à l'armement, et relations sentimentales, l'ensemble servi par un casting irréprochable et des personnages forts. 

La Fratrie
Qu'ils et elles soient les membres d'équipage de votre vaisseau spatial, vos frères et sœurs d'armes dans le MMC (Martian Marine Corp) ou encore des rock-hoppers, minant avec vous les astéroïdes de la Ceinture principale, ce sont vos camarades, les seul.e.s en qui vous pouvez avoir confiance au sein de cette immensité qu'est le système solaire. Ils pourront être incarnés par les autres participant.e.s ou bien être physiquement éloignés de vous, mais toujours dans votre cœur. La Fratrie est un élément essentiel dans The Expanse, qui nous dépeint des sociétés froides, au bord de l'effondrement, déchirées par les problématiques sociales que nous connaissons bien, amplifiées par une nouvelle phase de colonialisme belliqueux, doublé d'une guerre froide se réchauffant rapidement. Les membres de la Fratrie seront aussi forts que vous-même, c'est la condition pour survivre dans cet environnement mortel, ils seront d'ailleurs les seuls à pouvoir partager avec vous des ◉, et pourront braver les dangers comme les distances afin de vous secourir.
Dans le cas d'un groupe de participant.e.s formant une Fratrie, nous pouvons envisager une notion de synergie empathique, permettant des partages de Spécialités au ration de ◎:, afin de mettre en avant la force du groupe, mais également son isolement au sein d'un sérivers plutôt hostile. Cela ne signifie pas que les partages de Spécialités sont restreints, mais ils pourraient par exemple coûter ◎:, pour montrer combien les humains peinent à s'entraider en-dehors de leur Fratrie. Je pensais à une réflexion de Anderson Dawes, superbement incarné par Jared Harris, qui disait à Miller que tous les belters étaient ses frères et sœurs. J'imaginais le pouvoir de ce personnage, disposant d'une Fratrie forte de plusieurs milliers d'individus.


Les grandes forces

Un autre élément intéressant, et plutôt classique dans les sérivers de science-fiction, est la prédominance de grandes puissances, disposant de ressources écrasantes, d'attitudes hégémonistes et ne trouvant rien de mieux que poursuivre le grand plan de l'Humanité, consistant à s'auto-détruire. Ici, nous avons donc
UN, toujours pour United nations et contrôlant les formidables ressources de la Terre, ainsi qu'une grande part de la technologie spatiale, s'opposant plus ou moins ouvertement à MCR, pour Martian Congressional Republic, sur Mars donc. Au milieu de toutes les tensions possibles entre ces deux blocs se trouvent les belters, exploités par les uns comme par les autres, contraint de fournir l'essentiel des ressources primordiales au développement de leurs oppresseurs. Du côté des Nations-Unies, nous trouvons une sorte de vaste assemblée dominée par un appareil administratif tentaculaire, mais clairement dominé par les officiers de la flotte spatiale. Un ou une Secrétaire-général prends les décisions, c'est de la politique comme nous la connaissons aujourd'hui, avec magouilles, intérêts personnels et usage abusif de la force. 

En face, nous avons un gouvernement martien tourné vers un plan global de terraformation de la planète. Toute l'économie, toute la société, semble mobilisées autour de ce projet s'étalant sur plusieurs générations, et nous découvrons plus tard avec le passage au genre du space opera que les infrastructures planétaires seront finalement abandonnées, les jeunes générations martiennes préférant migrer vers de nouveaux mondes habitables plutôt que de se sacrifier pour créer le leurs. La société martienne est présentée comme militariste, avec une saveur Fédération Russe actuelle, mais sans leader notable. Sa technologie n'est présentée qu'à travers la puissance de ces vaisseaux spatiaux et, surtout, son corps de marines, équipés d'exosquelettes blindés et lourdement armés. La série à cependant le bon goût de ne pas montrer cet ersatz d'URSS comme LE méchant du show, au contraire d'ailleurs, à plusieurs reprises, les diplomates de MCR font valoir des solutions pacifiques face à l'agressivité de leur ennemi. 


Enfin, nous avons
OPA, pour Outer planets alliance, une coalition de clans belters finissant par former une troisième force politique et militaire au sein du système solaire, pour peu après être emportée par les évènements de la saga. Puisant dans les grands mouvements contestataires d'époques que nous connaissons, l'organisation de l'OPA est déchirée par des luttes de pouvoir interne, entre de grandes figures charismatiques comme Anderson Dawes et Fred Johnson, mais également par des tensions entre ses clans, qui provoqueront l'émergence de Marco Inaros. Sans réelle structure, contrainte par les problématiques logistiques liées aux immensités de vide, l'OPA est toujours montrée comme un ramassis de pirates opportunistes, sans foi ni loi, profitant de la moindre occasion pour trahir les leurs. Une tendance différente se dessine autour du Behemoth, transformé en station-relais, et sous le commandement de Camina Drummer, mais tout cela n'a qu'un temps, et dépendra finalement toujours du bon vouloir des autres grandes forces. En terme de narration cependant, les belters et l'OPA occupent une place centrale, car ce sont eux les opprimés, celles et ceux possédant une culture purement spatiale, un dialecte hérité du créole et des coutumes les différenciant grandement des martiens et des terriens. C'est le mépris de ces derniers envers cette humanité différente, en train de s'adapter aux conditions de l'espace, qui donne le rythme, bien plus encore que toutes les grandes batailles et les discours pompeux.


Un peu de space opera
Avec son verni de hard-sf, the Expanse s'éloigne grandement des Star wars et autres show à grand spectacle. Ici, la technologie est proche de ce que nous connaissons, les affrontements spatiaux se font à des vitesses folles, avec des armes à très longues portées, et la fameuse propulsion Epstein, permettant d'accélérer à des vitesses utiles pour rallier les mondes du système solaire, implique l'injection d'un jus pour supporter les g. Mais s'affranchir des codes du space opera fait probablement perdre une trop forte audience, alors nous découvrons des vaisseaux avec de jolis design, des combats à la gorge et surtout, la Proto molécule, MacGuffin excellent devenant l'outil de l'Antagoniste, avant d'échapper à son contrôle pour aller croître en phagocytant Vénus, avant de traverser le système solaire et ouvrir une porte spatiale vers un au-delà à la Stargate. Tout cela est très classique, mais vraiment bien intégré dans l'environnement politique tendu. Amenant de nombreuses interrogations, la proto-molécule devient rapidement un outil ordinaire et pratique, que des humains toujours aussi insouciants utilisent afin d'assurer leur prédominance.
J'avoue ne pas ressentir le besoin de développer cet aspect du sérivers, tant il est communément employé dans à peu près toutes les séries à tendance sf et fantastique. L'introduction d'un élément alien doit cependant être bien dosé, et dans the Expanse, le moindre emploi de la proto molécule à des effets dévastateurs et néfastes, souvent à grande échelle.  


Du drama, du drama, du drama!
The Expanse se caractérise à mon sens par son ampleur épique, qui ne transparaît pas de prime abord, étant compensée par la sensation d'enfermement et d'isolement des individus au sein de stations et de vaisseaux. Chaque arc narratif amène cependant de profonds changements au sein des sociétés du système solaire, et la montée en puissance de l'élément space opera ne fait qu'amplifier la menace extérieure, propre à éradiquer l'Humanité en un flash bleuté. Durant des sessions de Comme à la télé, il sera bien entendu difficile de restituer cette sensation d'écrasement, face à laquelle les actions d'une poignée de héros et héroïnes sembleront ne rien peser. 

Je suggère de maintenir la pression tout du long de l'épisode, voir, démarrer déjà au cœur de l'action, avec par exemple une poursuite de votre coque de noix belter, traquée par une patrouille martienne en train de tirer ses missiles à 10 000km de là. Dans the Expanse, vous ne pourrez compter que sur les membres de votre Fratrie, toute autre rencontre se terminera probablement par une trahison, ou l'apport de complications supplémentaires. C'est un univers froid, dans lequel des ressources comme l'eau ou l'air sont difficiles à obtenir, il ne faut pas hésiter à créer de l'attachement avec des seconds rôles, pour mieux les éliminer en appuyant sur l'impuissance des personnages. On le voit dans la série, même les victoires sont amères, et l'aiguille de votre boussole morale toujours en mouvement.

Le problème de la [mauvaise] science-fiction

 

Coucou les sérivores! Lorsque dans le titre, je mentionne qu'il y a un problème, vous vous en doutez, ce n'est pas si grave que cela. Cela étant, un petit soupçon de qualitatif scénaristique serait bienvenue! La science-fiction et les séries télévisées, donc. Le genre est toujours étonnement clivant, avec ses amateurs et détracteurs, et en France, une singulière confusion entretenue depuis plusieurs décades fait que le public classe dans ce grand sac à peu près tout ce qui n'est pas Julie Lescaut ou Navarro. En soi, ce n'est pas du tout grave, mais du coup, il faut souvent redéfinir un peu le genre, avant d'aller dans le dur, avec les sous-genres de la sf. Bref. 

Ce que je désigne comme de la mauvaise science-fiction n'en est pas vraiment, grosso-modo, elle rassemble l'intégralité des shows actuels diffusés par SyFy, jadis Sci-Fi, qui pourtant proposa Battlestar Galactica et les premières saisons de the Expanse. Mais voilà le cœur de mon propos; A mes yeux, et dans sa définition première, la sf doit questionner, amener du grain à moudre aux problématiques que nous rencontrons, montrant des avenirs possibles. La pléthore de nouvelles séries sf, comme Vagrant queen, adaptée du comic book de Magdalene Visaggio et Jason Smith, annulée après sa première saison, ne transposent rien, n'interrogent sur rien. Les personnages sont des caricatures creuses, pouvant suffire à l'ensemble graphique d'un comic book, mais s'avérant nettement insuffisantes avec des comédiens et comédiennes. 


Ce genre de show, et sur SyFy, la liste est longue (exemple : Dark matter, Killjoys, the 100, Outpost, etc...), peut tout à fait séduire par son rythme, ou par l'apport d'éléments esthétiques décalés, la pauvreté de leur trame narrative, à base d'accroches tout à fait ordinaires et de cliffhangers mal amenés, ne suffisent cependant pas à maintenir ces séries à flot. Pourtant, les mécaniques inhérentes à la série sont appliqués, de manière peu finaude, mais il est toujours évident que des équipes travaillent sur ces shows. On y trouve invariablement de méchants tyrans possédant toutes les richesses, des miséreux, des héros et héroïnes souvent en marge de cette société, persécutés mais vaillants. En clair, le modèle Star wars et les gestes féodales dont il s'est inspiré a bien été retenu par les scénaristes. 

Et pourtant, tout cela manque d'enjeux réellement puissants, pour un network tels que Syfy, appartenant au groupe NBCUniversal, l'idée de perdre de l'audience trop rapidement incite probablement les producteurs à miser sur les formules à succès, celles des autres shows. Et nous nous retrouvons ainsi avec ce que je qualifie de bouillasse science-fictionnesque, des séries pouvant être regardables, surtout lorsqu'elles sont inspirées de comic books ou de romans, mais n'amenant que l'ennui pour celles et ceux qui, comme moi, cherchent de la dramaturgie, des univers étranges et angoissants. Je viens de terminer la saison 1 de Raised by wolves, sur HBOMax, et encore une fois, il s'agit d'une série clivante; Les uns estiment qu'il s'agit du renouveau de la science-fiction, les autres, dont je fais partie, voient plutôt là un nouveau jalon du déclin de Ridley Scott, nous présentant pour la énième fois des aliens étranges, des humains aux réactions irrationnelles, le tout dans un délire christique particulièrement ennuyeux. Et autant j'arrête de visionner les shows de SyFy après un épisode - souvent bien moins que cela - autant la déception face à une production HBO, dont les moyens sont bien plus grands, déçoit terriblement (ma critique ICI).  


Alors bien entendu que tout ceci n'est que ma perception toute personnelle de la chose. Je visionne toujours les pilotes de ces nombreuses séries, car si les producteurs tendent à faire montre de plus en plus de frilosité face à des questionnements pouvant choquer, et donc détourner - selon eux - leur audience, il y a de l'audace et des parts de marché à prendre. Un bon showrunner, un scénario solide, cela se voit fort heureusement encore bien souvent. Je repense à Star trek Picard, la nouvelle itération de cette franchise, par Alex Kurtzman, sur CBS, eh bien vous n'avez peut-être pas accroché, mais j'ai totalement adhéré au fan-service géant qu'est cette série. James Stewart porte le reste du casting, l'intrigue y est classique mais introduit des éléments intéressants au sein de la société galactique qu'est la Fédération, le rythme est rapide, toutes les cases du cahier des charges sont cochées. Job done. Voilà, pas besoin de trop forcer pour amener un peu de densité dans un show de sf - dit comme cela, c'est éminemment simple!

Nous en revenons donc une nouvelle fois à cette problématique du produit de grande consommation, face à l'objet culturel, amenant son influence dans le giron de la pop culture. On ne va pas se mentir, les séries télévisées sont là pour vendre de la publicité, mais des chaînes comme HBO ou AMC soutiennent régulièrement des shows porteurs de messages, favorisant les questionnements. Des séries comme Westworld ou Watchmen nous entraînent dans des futurs hypothétiques assez glaçant, avec des intrigues riches et empreintes d'humanité, ce sont là de beaux exemples de ce que la science-fiction peut nous apporter. Gardons l'espoir, camarades! 


Jouer des teenagers dans CàlT!

 


Coucou les sérivores! Le titre même de cet article doit vous faire soupirer d'exaspération, car dans vos esprits de sériphiles qualitatifs arrivent probablement les premières scènes de toutes ces séries spécifiquement calibrées pour le public des teenagers américains... Ah oui je sais, mes sérivores, les gens du futur, se demanderont pourquoi diable les producteurs des grands networks US prenaient leurs jeunes générations pour des crétin.e.s décérébré.e.s, dominés par leurs hormones! 

J'aborde le thème à travers le prisme de la série fantastique américaine, vous l'aurez compris, car c'est une production qui nous touche, occidentaux, et que ce modèle sociétal nous est imposé depuis longtemps. Les teenagers dans les séries, donc! Le genre de la série fantastique nous ponds mensuellement des élu.e.s devant réaliser des prophéties, sauver le monde, etc... Sauf que l'archétype de l'adolescent américain, incarné par de jeunes adultes, est invariablement présenté comme rebelle et en marge. Une rébellion de façade évidemment, car comme dans le monde de la publicité (et de la communication d'entreprise/ politique), la contestation est maîtrisée, anodine, mais vise suffisamment juste pour mobiliser l'attention, ici des teenagers. Les adultes sont présentés comme garants d'un ordre vieillissant, menacé, que seul l'ado peut sauver, ce qu'il fait en règle général, découvrant après quelques épisodes que devenir adulte implique de grandes responsabilités, et que l'ancien monde est plein de traditions nécessaires, super et géniales. 

Scénaristiquement très pauvres, les séries de teenagers comme Shadowhunters par exemple, pourtant tirée d'une série de romans, ceux de la Cité des ténèbres de Cassandra Clare, se résument à des structures très simples de confrontations, avec de vagues enjeux globaux mais sans aucune intensité dramatique - ce qui de fait, désamorce toute tentative pour impliquer l'audience, mobilisée uniquement par les rebondissements, très souvent sentimentaux, d'un épisode à l'autre. Tout le drama est concentré sur les personnages, utilisant les plus grosses ficelles émotionnelles afin d'entretenir une forme de suspense. 


En soi, la série pour teenager apparaît donc comme un produit sans grand intérêt sériphile, il ne faut cependant pas rejeter tout ce qu'elle peut nous apporter, en particulier dans un jeu du type Comme à la télé. Bien que la série The 100 puisse être considérée comme destinée à un public adolescent, la première saison tente d'amener une certaine dureté dans le monde entourant des teenagers jouant aux adultes. Des morts surviennent, de difficiles décisions doivent être prises, tout cela s'avère prometteur. Mais malheureusement, les personnages principaux retrouvent les travers habituels propres au genre, avec des changements de comportements irrationnels, des attitudes incohérentes face aux situations. Bref, la série, bien que toujours assez qualitative, est rattrapée par toutes les faiblesses des autres séries pour adolescents. 

Mais justement, il est donc possible d'en jouer! D'organiser des sessions de CàlT dans ces sérivers, avec l'optique d'incarner ces personnages totalement illogiques, incohérents et irrationnels, dominés par des pulsions semblant incontrôlables, le tout dans des univers fait de grosses ficelles scénaristiques. Prenons l'exemple de Wynonna Earp, un show de SyFy - spécialiste des séries fantastiques scénaristiquement légères - dans lequel une jeune femme doit affronter des revenants à coups de flingue magique, tout en vivant son quotidien à l'américaine. C'est très léger comme pitch de départ, mais guère plus qu'un show comme Supernatural, qui aligne les saisons en bâtissant sa propre mythologie sur la durée. A partir de ce modèle, rien de plus simple donc que broder une trame autour de jeunes élu.es, ayant des vies "ordinaires" - comprenez celles de la classe moyenne supérieure, c'est plus inspirant - et se retrouvant soudainement, de préférence sans aucune explication immédiate, plongés dans une tourmente d'évènements inexpliqués, fréquemment violents. Le but du jeu sera alors d'évoluer dans le cade du sérivers, et l'un des leviers du Metteur/euse en scène serait d'attribuer régulièrement des ● en récompense de réactions illogiques. 

  • Dans un tel sérivers, l'Audace serait privilégiée sur l'Action ou le Drama, les protagonistes réagissant instinctivement. 
  • La psychologie des personnages, serait changeante, en fonction des besoins de l'épisode, il faudrait donc que les participant.e.s soient prit de temps à autre en aparté afin de redéfinir leurs traits principaux.
  • L'intrigue principale, une menace physique, serait régulièrement parasitée par des interventions du quotidien; Relation romantique, familiale (conflictuelle), professionnelle (recherche d'un job). 
  • La série pour teenagers fait un grand usage du Mac Guffin, un objet aux pouvoirs mystérieux, débloquant toutes les situations - sauf si un autre, plus puissant, lui est opposé. J'en avais déjà parlé dans l'article Magie et phénomènes surnaturels (ICI), l'approche américaine est matérialiste, il est donc inutile d'aborder des aspects spirituels, autrement que par le biais d'obtention de Mac Guffins.
  • Si possible, mais cela peut s'avérer complexe, il faut instiller dans le sérivers des valeurs que nous associons généralement au monde publicitaire; Les protagonistes sont jeunes, rebelles, tandis que les antagonistes sont vieux, oppressifs. La majorité des séries pour teenagers utilisent un pivot narratif, amenant les faux-rebelles à comprendre et accepter le monde des anciens.

On le voit, jouer des teenagers dans CàlT peut être divertissant lorsque l'on s'inspire des nombreux exemples proposés par les networks américains. L'exercice peut également devenir pédagogique, lorsque l'on organise une session impliquant des adolescent.e.s. En effet, en commençant avec des personnages aux traits grossiers, qu'ils et elles s'amuseront à caricaturer, la possibilité de faire passer des messages n'est pas à négliger. A travers des choix complexes proposés par le Metteur/euse en scène, il est possible d'amener la réflexion. 

De la même manière, en session de team-building, incarner des adolescents américains est un très bon point d'entrée, amenant de la légèreté de façade, avant d'entrer dans le dur et devoir collaborer autour de problématique complexes, ramenant aux basiques du savoir-être. 

Nous pouvons donc déplorer que, fréquemment, la qualité des séries pour teenagers ne soit pas bien élevée, il n'empêche que leur potentiel reste fort, en particulier comme sérivers pour Comme à la télé. Il ne leur manque probablement qu'un bon showrunner... Et un changement général de la perception qu'ont les producteurs américains de leur jeunesse!

 


Les séries des années 50




La série télévisée existe depuis les années 40, née sans surprise aux États-Unis et s'étant développée essentiellement dans ce pays, mais également en France et en Angleterre, à partir des années 50. Les genres se multiplient en suivant les évolutions technologiques, la série se nourrie beaucoup du cinéma, avant de l'alimenter à son tour.
Le noir et blanc reste longtemps la norme, et s'il est probablement difficile de lui attribuer un genre précis, le Western et le Policier priment, offrant de très nombreuses carrières et personnages mémorables. Nous nous souvenons de Zorro, Thierry la fronde ou encore Belphégor. Dès le départ, nous pouvons discerner les problématiques sociales et sociétales, qui sous-tendront toujours la production de nouvelles séries, toujours plus nombreuses. Il est donc difficile d'attribuer des spécificités au seul noir et blanc.
Malgré tout, dans le cadre d'une interprétation par le biais de Comme à la télé, nous allons tenter de définir quelques paramètres communs et proposer un genre noir et blanc.

La couleur arrivant dans les années 60, nous pouvons déjà délimiter le noir et blanc aux années 40 et surtout 50 donc, soit la période de l'après-guerre. Nous pouvons donc estimer que la propagande nationale allait bon train, et que les valeurs patriotiques étaient mises bien en avant. Les western et polars dominent le monde des séries télévisées, et sont employées pour renforcer les fondements du modèle sociétal dans lequel nous vivons toujours.

Jouer dans l'exagération
L'époque du muet s'achève, acteurs et actrices peuvent se lâcher! Il en va de même avec les participant.e.s d'une partie de CàlT, qui devront Surjouer. Une blessure superficielle? Le personnage doit paraître à l'agonie, il faut imaginer une musique dramatique à la moindre estafilade, quand à la vraie porte de la mort, c'est une scène se devant être digne d'une tragédie antique! La petite romance doit sembler être une véritable histoire d'amour, avec le grand A, les oiseaux chantent et si la comédie musicale n'est pas encore intégrée aux séries de cette époque, c'est le décor qui doit se conformer à l'exagération du sentiment amoureux. 
  • Par exemple, dans une classique scène de libération de la belle par son cowboy, une bouteille de gnôle traîne toujours à portée, afin de pouvoir se briser sur la tête d'un second couteau, toutes les portes sont ouvertes, le pianiste n'est pas inquiété par les pluies de balles et jouera en fonction des émotions du héros.
Bien Surjouer une scène, tout en faisant progresser l'intrigue, peut même rapporter ●, qui devra cependant être employé en lien avec la-dite scène. 

Les gentils sont propres, les méchants pas trop sales
Les standards actuels des bonnes séries nous montrent des sérivers crasseux, des héros mal rasés, et parfois même, des protagonistes aux traits disgracieux selon la norme admise. Dans le noir et blanc, cela est inconcevable. Les gentils, qui seront souvent les protagonistes, sont bien habillés, ont de hautes valeurs morales (occidentales), un job, souvent dans le milieu de la loi, et interagissent généralement avec les individus de leur rang social. Les méchants pour leur part, sont très méchants, aiment révéler leurs plans diaboliques avant le dénouement, et sont eux aussi bien habillés, mais plus fréquemment avec des vêtements sombres. La méchanceté des séries des années 50 se résume à embêter les gentils, et se maintien à des niveaux de violence très bas. C'est également l'époque de séries comme Lassie ou Dragnet, prônant les valeurs d'une justice toute-puissante, où les bonnes actions sont récompensées, les héros sont des parangons de vertu. 
La voix off
Dans les années 50, on guide les téléspectateurs en leur décrivant la trame par le détail. De nombreuses séries de cette époque s'attardent sur l'environnement, souvent une ville ou une région, en utilisant de longues plages narratives, une technique directement transposée de la littérature qui pourrait aujourd'hui nous sembler surprenante. Il faut prendre cela en compte, jouer une voix off qui offrira l'opportunité de poses dans l'action, ou faisant la transition entre deux grandes scènes. La voix off est en outre un bon moyen de désamorcer la tension de par son ton neutre. 

Des sérivers entremêlés
Il n'est pas rare de vouloir mélanger les genres, et des aventures pourront vouloir intégrer le noir et blanc, le temps d'un épisode, en y incluant voix off, surjeu et autres codes de cette époque. D'autres voudront reproduire cette ambiance, mais altérée afin de mieux servir un propos, un peu comme dans la bande dessinée Blacksad, de Juan Díaz Canales et Juanjo Guarnido. 
Les plus ambitieux et ambitieuses voudront sans doute reproduire une trame à la Guiding light (Haine et Passion), qui aura démarrée en 1937 à la radio, pour être adaptée en 1952 à la télévision, et qui se conclura en... 2009, après 15762 épisodes! 

Encore aujourd'hui, l'époque de la série en noir et blanc est empreinte de nostalgie et de clichés. Si la majorité des shows de cette époque ont perduré dans la décennie suivante, se colorisant également tout en s'adaptant aux changements dans les sociétés, nous retenons toutes et tous des images fortes de polar, à la Dick Tracy, ou de cowboys rigolards comme ceux de Bonanza


Treadstone, et les séries d'espionnage!



Le genre de l'espionnage est très ancien dans l'univers des séries télé, puisant aussi bien dans la littérature, comme dans le cinéma, il s'est étoffé pour proposer des intrigues complexes, des arcs tortueux et des rebondissements totalement fous. La guerre froide stimule le développement du genre, Danger man, une série britannique de Ralph Smart, remonte à 1960 et incarne bien la prolifération qui cessera cependant après une décennie. Le genre trouve un second souffle après les attentats du 11 septembre, s'adaptant au nouvel ordre mondial, évidemment toujours dominé par les états-unis. On distingue deux catégories, s'entremêlant fréquemment et impliquant soit des éléments déstabilisateurs, visant à frapper un pouvoir politique, ou bien des agences en charge de la défense des nations. 

Pour jouer dans un sérivers d'espionnage, quelques grandes lignes se dégagent, permettant de former assez simplement des arcs narratifs. Tout d'abord, ce genre est ancré dans un contexte géopolitique définissant sa trame. Peu importe l'angle d'approche - le plus souvent, les US combattent les méchants du moment, selon leur dogme - il faut donc mener des recherches liées à la réalité historique, cela pour coller au plus près d'évènements-pivots. Bien entendu, la possibilité d'une uchronie est parfaitement envisageable, comme c'est le cas de l'excellente Counterpart, de Justin Marks, sur Starz, mais la prégnance d'un environnement géopolitique réaliste et dense pose les fondements de la série d'espionnage. 

L'arc narratif se doit également d'être particulièrement ramifié. Les personnages ne semblent jamais être ce qu'ils sont de prime abord, nous parlons d'agents doubles, triples, de changement d'allégeances en fonction d'évènements perturbateurs. Les personnages d'une série d'espionnage sont tout en nuances de gris, le manichéisme n'a pas sa place dans de tels sérivers, sauf si vous souhaitez créer quelque chose de parodique. Ce genre de réflexion peut paraître évident, mais même en étant conscient de la propagande américaine, de sa domination du marché télévisuel, et de l'imposition en douceur de ses valeurs, nous affectent toutes et tous depuis l'enfance, il est donc bon de garder en permanence l'idée que nous allons développer un arc narratif en développant nos personnages de manière riche et complexe.


La série d'espionnage fait un très grand usage du Cliffhanger, amenant la fin d'un arc narratif avec des interrogations, des doutes, et même des scènes non résolues, incitant les participant.e.s à envisager la suite, si possible avec appréhension (petit plaisir de metteur/ euse en scènes). J'écrivais récemment un article sur la Mort et le come-back, un sérivers d'espionnage doit user et abuser de la technique du personnage faussement mort, capturé par ses ennemis, reprogrammé ou corrompu, revenant comme antagoniste.

Un choix important à faire en créant un sérivers d'espionnage est l'échelle de l'action. Jame Bond est un agent secret pas très doué, faisant tout exploser et tuant les méchants à tour de bras. Toute l'action est centrée sur sa personne, on ne voit rien d'autre que les résultats immédiats de ses actes. Dans une série bien construite, comme par exemple Berlin station, de Olen Steinhauer, sur Epix, nous découvrons toute une galerie de personnages complexes, aux allégeances douteuses, et réagissant à des évènements affectant des pays entiers, et dont les répercussions affectent l'arc narratif, parfois de manière radicale. Bien entendu, plus le cadre sera vaste, plus les détails nécessaires et les implications géopolitiques deviendront complexes.


Un très bon exemple est le Bureau des légendes, de Eric Rochant, sur Canal+. Une scène d'ouverture nous présente une situation, apparemment clair, et collant au déroulé du récit. Une fausse piste est introduite et amène un nouvel éclairage sur l'intro. C'est extrêmement classique dans le format de la série télé, et toujours très efficace. Pour CàlT, cette ouverture peut très bien être narrée en aparté, servir de fil conducteur aux participant.e.s, qui développeront leur trame en fonction de leur perception du dénouement. Au metteur/ euse en scènes d'ajuster le récit par petites touches, afin d'apporter une révélation différente. Nous avons là un cas simple de résolution d'enquête.


Dans Treadstone, une série dérivée des films sur Jason Bourne, nous sommes sur deux époques différentes et imbriquées - une technique narrative très intéressante, dont je reparlerai en abordant Westworld - dans lesquelles les actions des antagonistes du passé influent sur celles de ceux du présent. Outre la notion de maîtrise du renseignement, nous avons ici des agents dormants, aux personnalités entièrement façonnées par des programmes de type MK Ultra, et devenant de véritables machines à tuer, une fois activés. Honnêtement, ce n'est pas de la super série, mais c'est bien ficelé, distrayant, et surtout, la trame est facile à percevoir, avec des rebondissements prévisibles. Les soviétiques sont présentés comme les méchants, les américains sont donc les gentils, on perçoit bien la faiblesse de cette approche. Malgré tout, Tim Kring parvient à donner une identité à la série.

La Mort, et les come-back dans CàlT!




Dans de nombreuses séries, qu'elles soient tournées vers la comédie ou le drame, la mort est un puissant outil permettant de marquer durablement un épisode, un arc narratif, voir l'ensemble d'une trame. Bien entendu, il est également possible d'en faire un élément secondaire et négligeable, mais ce serait se priver d'un levier important pour instiller l'émotionnel dans vos épisodes. 

La mort d'un personnage, ou d'un élément-clé, se produit lorsque sa valeur d'Action est dépassée du double de sa valeur (●●≧Ⓞ) durant une scène. Le cas doit rester rare et profiter à l'ambiance de l'épisode. Une valeur d'Action dépassée par le triple de sa valeur (●●●≧Ⓞ) entraîne une mort définitive - sauf cliffhanger de fin de saison, que nous aborderons plus loin - autrement, il est toujours possible de revenir en opérant un come-back dans un épisode suivant.
Cette notion de retour n'est cependant pas sans conséquence; Le metteur en scènes devra en effet augmenter tous les paliers de difficulté de +1 et recevra 5● supplémentaires afin de disposer d'une adversité conséquente. Ces atouts sont attribués uniquement pour le temps de l'épisode du Come-back. 


Je le répète, la mort d'un personnage ou d'un élément-clé ne doit pas être anodine. Nous voyons bien en effet qu'un retour mal géré peut détruire toute la cohérence d'un récit. L'exemple de la mort pas terrible de Bobby Ewing, dans l'ancienne mouture de Dallas, puis le retour de l'acteur sur le show car "tout ceci n'était qu'un rêve", cela ne fonctionne pas bien. Même si les règles de Comme à la télé assurent presque toujours un possible retour, l'intensité dramatique de l'ensemble prime avant le décès face à un test échoué, pire encore, pour le simple plaisir d'un metteur en scènes cherchant à contrôler son petit monde. Priorité au récit et surtout, à l'amusement de tout le monde.

A contrario, un usage expéditif de la mort peut poser les bases de tout un arc narratif, comme dans la série the Shield par exemple. La disparition d'un élément-clé dès les premiers épisodes ouvre des perspectives intéressantes, tant pour le metteur en scènes, qui construira dès lors son récit autour de cette mort marquante, que pour les participant.e.s, dont les personnages voudront probablement se venger, tout du moins comprendre les raisons de cette mort. L'outil est ainsi employé à pleine puissance, pour laisser une marque et donner un ton. Attention toutefois à bien réfléchir sur cet usage, qui pourra ne pas correspondre à tous les formats. 

On le voit souvent dans bien des sérivers, les morts reviennent, et pas seulement en version Walking dead. Un personnage officiellement mort, avec témoins et explosion pyrotechnique, revient en finalité d'arc narratif, ce que l'on nomme le Cliffhanger, pour apporter informations, débloquer la situation autrement insurmontable, et passe souvent pour un Deus ex machina. De telles situations surviennent en cas de mort définitive d'un personnage, et implique pour l'épisode suivant une augmentation des paliers de difficulté de +2, et l'intervention d'un antagoniste majeur contre le groupe, sans dépense de jetons noirs pour le metteur en scènes.

Voici donc une manière d'appréhender la mort des personnages dans CàlT. N'hésitez pas à me faire part de vos avis, suggestions et commentaires éclairés à ce sujet!

From dusk till dawn, un sérivers pour CàlT!



Coucou les sérivores! Aujourd'hui, j'avais envie de dépeindre une petite série pas trop finaude, avec beaucoup d'action pas trop planifiée, des gens qui ont souvent chaud, des vampires mexicains et du ketchup, énormément de ketchup. 
Adaptation du film From dusk till dawn, de Robert Rodriguez, Robert Kurtzman et Quentin Tarantino, la série éponyme est également crée par le premier, et approfondira toute une mythologie de buveurs de sang nés à l'époque précolombienne et se perpétuant dans une atmosphère très différente de ce à quoi nous sommes habitués dans le genre. Diffusée par la chaîne El rey (appartenant également à Robert Rodriguez), nous pourrons la voir sur Netflix. 

Trois saisons pour développer une intrigue ne faisant pas dans la finesse, cela peut paraître beaucoup, et si les scènes sanglantes semblent devoir se multiplier à l'infini, nous découvrons une société vampirique intéressante, nourrie de mythes et légendes à base de serpents et de rituels anciens. Nous suivons les frères Gecko, Seth et Richie, qui de braqueurs de banques vont devenir centraux dans les conflits opposants plusieurs clans de narco-trafiquants/ vampires, ils auront au passage entraîné avec eux les membres de la famille Fuller, et attirés l'attention de Santanico Pandémonium... Bon, j'imagine que vous avez toutes et tous vu au moins le premier film - le seul méritant un visionnage - la série pour sa part est un condensé de violence, de sang et de sexe. On aimera, ou pas. L'univers ainsi développé est bien entendu plein de clichés, de défauts, mais la très grande galerie de personnages vampiriques et humains permet de creuser des intrigues, parfois sur les trois saisons du show. Attention, je ne dis pas que c'est du Westworld ou du Watchmen côté densité et profondeur, mais tout de même, avec un postulat de départ plus que léger, From dusk till dawn offre un spectacle tout à fait appréciable, et un sérivers pour Comme à la télé bien sympathique! 


Les humains
Dans le sérivers de From dusk till dawn, les humains servent généralement de repas pour les culebras, ils ne pèsent jamais lourds face à ces prédateurs, et ne sont que prétextes pour des scènes sanglantes. Malgré cela, l'essentiel des prophéties employées comme fils conducteurs dans le show permettent de distinguer quelques héros et héroïnes, liés à de lointains ancêtres, toujours par le sang donc, ou incarnant des fonctions précises. Dans CàlT, une idée d'aventure sera donc de former un groupe dont les membres seraient liés par une telle prophétie, remontant par exemple à l'époque des conquistadors, et d'amener régulièrement des révélations sur des agissements autrement incompréhensibles d'ancêtres.
A noter que si les culebras sont généralement très bourrins, ils semblent pouvoir sentir ces élus, et hésiteront donc souvent à les attaquer. Comme dans Vampire, la Mascarade, la piétaille surnaturelle ne pèse pas très lourd face aux héros et héroïnes, mais les culebras plus anciens, ici nommés les Neufs seigneurs, chercheront à employer utilement de tels mortels exceptionnels, pour leurs petites affaires millénaires - en général se tirer dans les pattes -

Les culebras
Les buveurs de sang mexicains sont divisés en clans chapeautés par les Neufs seigneurs, adoptent pour la plupart la structure des cartels qu'ils contrôlent, et pour faire honneur à la passion de Robert Rodriguez pour le ketchup, sont vraiment de gros bourrins. Comme très souvent dans ce genre de série, leur puissance est étrangement variable, et il est possible d'inclure ce navrant travers lorsque l'on souhaitera créer un groupe de culebras pour CàlT! Attention cependant, la majorité des personnages culebras restent très dangereux, peu importe leur degré de puissance physique. Beaucoup sont anciens et disposent donc de connaissances, aussi bien pragmatiques que mystiques. Il faut d'ailleurs savoir que la magie dans From dusk till dawn reste caractéristique des séries de notre époque (Charmed, Supernatural, Van Helsing), elle n'a que des applications basées sur l'action, la violence et le combat.
Donc oui, il est tout à fait envisageable de mettre en scène des aventures à la Vampire avec une saveur épicée, mais ce sérivers se prêtera plutôt à de l'action pure, légèrement saupoudrée d'intrigues anciennes et mystérieuses. Les culebras sont de formidables adversaires, ils restent cependant décrits comme dotés d'émotions humaines, d'ailleurs souvent exacerbées. Il faut préciser également que, hormis Santanico Pandemonium, ici incarnée par l'étourdissante Eiza Gonzalez, et dans le film par la non moins sublime Salma Hayek, la notion de sexualité outrancière reste à un niveau raisonnable, les culebras, contrairement à leurs contreparties européennes donc, n'en possèdent pas moins de puissantes émotions humaines, mais toujours corrompues par le pouvoir en eux.


En termes de jeu, les humains possèderont 10 jetons à répartir et seront surtout liés par une prophétie leur conférant des connaissances ou indices à des moments clés. Le Metteur/ Metteuse en scènes devra prendre en compte cette destinée singulière, souvent tragique dans la série, et forcir le trait durant les affrontements, l'exécution de plans plus ou moins ingénieux, et en particulier appuyer sur les relations entre personnages, mais surtout entre leurs ancêtres.
Les culebras disposeront de 12 points et pour une caractéristique au moins à 6, bénéficieront d'un pouvoir surnaturel classique; Vitesse supérieure, endurance aux objets magiques, régénération rapide. En outre, ils possèderont des sens surdéveloppés et une très haute résistance aux armes ordinaires. Ils abritent en eux un serpent, leur octroyant leurs pouvoirs, et comme pour les autres créatures vampiriques, sont sensibles au soleil et à l'arrachage de cœur.

Prenons ce sérivers pour ce qu'il est; Une occasion de jouer avec les codes du vampire dans un contexte de truands, de narco-trafiquants et de mythologie pré-colombienne!

Magie et phénomènes surnaturels dans CàlT!


La magie! Au cœur d'un très grand nombre de nos séries favorites, elle prend bien des formes, avec des représentations plus ou moins ridicules - que cela soit fait sciemment ou par manque de budget - elle ouvre les portes de réalités souvent distordues, de dimensions parallèles inquiétantes, et présente un vaste folklore de créatures exotiques, souvent belliqueuses, mais pas toujours. Dès que l'on introduit la magie dans un sérivers, ce sont les paradigmes eux-mêmes de ce dernier qui s'en trouvent modifiés de manière radicale.

Pour cause de "petits" budgets, la plupart des séries proposant une thématique magique restreignent la connaissance concernant celle-ci à une poignée d'élu.e.s, limitant ainsi ses démonstrations à quelques scènes, le plus souvent en intérieur et sans témoins. Les plateformes comme Amazon prime ou HBO, sortent l'artillerie lourde avec des projets comme Lord of the rings ou His dark materials, mais à l'heure d'aujourd'hui, les grandes saga magiques se restreignent dans leurs effets visuels, comme la série Shannara chronicles sur MTV, sans doute trop ambitieuse, et souffrant d'un classique manque d'épique en trame de fond. Bien entendu, peu de moyens ne signifie pas série bâclée, la magie est souvent plus impressionnante lorsqu'elle est simplement suggérée, une débauche maladroite d'effets spéciaux ne garantissant sûrement pas le succès du show. 


J'aborde la magie d'une manière plus détaillée à travers les règles génériques dérivées de CàlT, que je suis en train de synthétiser en guise d'expérimentation sur mon site traitant des univers Spelljammer et Planescape, dans l'onglet Du&Di - pour Découvrons nos univers, Développons nos imaginaires - vous trouverez tout ceci par ICI. En ce qui concerne Comme à la télé et son objectif d'offrir un outil de découverte du loisir, ces règles liées à la magie seront donc nécessairement réduites. 

Distinguons déjà deux formes de magie; La magie ritualisée, comme celle des sœurs Halliwell de la série Charmed, qui se base sur l'apprentissage de formules et dépendra de l'Action. La magie intuitive pour sa part, sera plutôt celle des créatures surnaturelles, comme les anges et démons de Supernatural, disposant de pouvoirs innés, elle sera associée au Drama. L'usage de ces différentes pratiques sera ainsi rattaché à de simples mises, sans besoin d'en faire des caractéristiques distinctes. 
Hormis dans des sérivers de pure fantasy, comme celui de legend of the seeker par exemple, disposer de connaissances ésotériques devrait rester suffisamment limité pour les participant.e.s, afin de faciliter la préservation d'un certain équilibre. 
On le voit dans la grande majorité des shows proposés, la découverte de la magie par les héros et héroïnes se fait toujours d'un point de vue profane, facilitant l'entrée dans le sérivers pour les spectateurs. Invariablement, ces personnages explorent leur potentiel mystique, gagnent en puissance - et trouvent toujours plus fort qu'eux - c'est une mécanique classique que l'on retrouve à travers tous les supports proposant des univers radicalement différents du nôtre. La découverte de la magie, même si elle se trouve bien établie dans le sérivers, est un arc narratif à part entière, à travers lequel on en découvre les règles, les bénéfices et dangers. On retrouve nettement cet aspect dans l'essentiel des sérivers pour adolescents, comme Shadowhunters ou Lucifer.

La magie dans CàlT peut se mesurer en fonction du nombre de jetons misés, mais également à travers la valeur associée. Une Action de 5 peut ainsi signifier que le personnage est un Constantine en puissance, mais plus généralement que son potentiel pourra atteindre ce niveau. Au metteur/ metteuse en scènes d'imposer une limite de mise pour tout ce qui touche à la magie. Il s'agira de l'indiquer avant le début de l'épisode, en précisant éventuellement qu'une progression sera possible au sein d'un arc narratif. Il serait en effet compliqué de laisser les participant.e.s puiser inconsidérément dans des pouvoirs surnaturels, sauf si les paradigmes du sérivers admettent un usage courant de la magie. 
De même, jauger des effets obtenus grâce à une mise magique nécessite une petite table, que le metteur/ metteuse en scènes sera libre d'ajuster à son sérivers : 

Ⓞ Un effet mineur, individuel et discret, possédant une durée et une intensité limité.
ⓄⓄ Un effet notable, affectant un petit groupe, aux manifestations sensorielles remarquées.
ⓄⓄⓄ Un effet spectaculaire, affectant un groupe important, durant jusqu'à plusieurs heures.
ⓄⓄⓄⓄ Un effet prodigieux, affectant une foule durablement, provoquant des phénomènes annexes.

Dans le cadre de CàlT, il vaudra mieux se limiter à une mise de quatre jetons afin de susciter un effet magique, d'autres règles liées à Du&Di exploreront les phénomènes surnaturels et mystiques, mais dans une optique de découverte du loisir, un.e participant.e évoquant un effet prodigieux sera déjà beaucoup.
D'ailleurs, les moyens du metteur/ metteuse en scènes afin de contrôler l'usage de la magie seront soit un accès restreint à la connaissance ésotérique, soit pour des capacités de magie intuitive, avec la classique amnésie ou interdiction d'une force supérieure. Les sérivers pour teenagers regorgent de ces usages limités, dans un premier temps, offrant un contrôle pouvant suivre harmonieusement l'évolution d'un arc narratif. 

Le décor, un terrain de jeu à utiliser!


Nous avons récemment abordé le principe de la narration partagée, dans un article par ICI, mais j'imagine qu'inciter les participant.e.s à prendre les rênes de l'épisode implique d'aborder un peu l'environnement qu'ils et elles vont percevoir. La frontière entre agentivité utile et grand n'importe quoi reste ténue, rattraper des exagérations ou des éléments pouvant aller contre la cohérence du sérivers s'avérant ensuite excessivement complexe.
Si la série télé sur laquelle est basée ou inspirée l'épisode est connu, il vaut mieux toujours faire le point afin que chacun.e dispose des mêmes informations. Le metteur/ metteuse en scènes se doit de replacer l'époque et les références communes, et vis-à-vis du sérivers lui-même, de positionner les participant.e.s dans la chronologie. A partir de cette base, la majorité des situations déclenchées par les participant.e.s devraient plus ou moins bien tourner, il faut néanmoins prendre en compte l'inattendu, et maintenir à tout prix une cohésion interne à l'environnement. Il faut malheureusement s'appuyer uniquement sur la bienveillance des participant.e.s, qui voudront ou non jouer le jeu.

Lorsque je mentionne l'utilisation du décors par les personnages, vous penserez probablement au système des aspects dans FATE (et sa multitude de déclinaisons), qui offre l'opportunité de transformer chaque élément environnant en un outil utilisable. Dans CàlT, l'usage du décors se traduira plus simplement par des ajustements sur la difficulté associée à une action précise. La narration primant avant la technique, ce sera au metteur/ metteuse en scènes d'équilibrer et rationaliser l'emploi du décors par les participant.e.s, qui devront pour leur part garder à l'esprit que cette possibilité variera d'un sérivers à l'autre.


Les ajustements associés au décors ne devront normalement pas dépasser les +2/ -2, cela dans des sérivers ancrés dans une certaine réalité proche de la nôtre. Dans Sense 8 par exemple, malgré leurs capacités extraordinaires, les personnages sont liés à nos paradigmes, Nomi peut ainsi utiliser un vélo mais celui-ci ne lui permettra aucune prouesse particulière, idem pour la voiture qu'elle ne sait pas conduire, mais que seul le talent de Capheus permettra de manœuvrer. A contrario, dans des sérivers plus éloignés de notre réalité, comme celui de Lost room, les participant.e.s pourront laisser leur imagination ramener à eux des atouts bien plus intéressants, allant jusqu'à des Objets dont ils et elles pourront inventer les capacités (présumées) sur le moment. Libre au metteur/ metteuse en scènes d'ajuster cette introduction d'un nouvel élément-moteur à la trame.

On le voit bien, espérer avoir du contrôle sur l'usage du décors par les participant.e.s s'avère rapidement chose ardue. Si l'utilisation d'objets courants sera facilement limité par l'attribution d'un ajustement de +2/ -2 au maximum, il en ira autrement d'un emploi plus conséquent, comme prendre le contrôle d'un engin blindé et traverser, littéralement, tout le décors. L'idée dans CàlT étant de créer une histoire en partageant nos imaginations, chacun.e se devra de prendre en compte les problématiques que pourraient éventuellement rencontrer les autres participant.e.s, et pas seulement le metteur/ metteuse en scènes.

Au final, laisser les participant.e.s employer le décors à leurs propres fins s'avère également être un élément à expliquer en amont, en même temps que les paradigmes associés au sérivers. D'un côté, les participant.e.s devront bien appréhender leur nouvelle liberté, mais le metteur/ metteuse en scènes aura également pour tâche d'accepter de lâcher un peu de son contrôle sur l'environnement, se plaçant dans une position d'incertaine.


Le Arrowverse, amours et crossovers!


Bon, gros morceau que ce Arrowverse, regroupant l'ensemble des séries de la chaîne CW, tirées d'une multitude de comic books de chez DC comics! On en pensera ce que l'on veut, mais ce regroupement de séries connectées offre l'un des plus vastes et riche sérivers connu, équivalent dans ce format du gargantuesque Marvel cinematic universe. Bon alors d'accord, c'est très mauvais, les personnages sont monolithiques, les scénarios toujours les mêmes, l'ensemble suinte de bons sentiments venant directement du service marketing, nous dirons pour être aimable que les effets spéciaux sont rapidement bouclés. Oui, tout cela est vrai. Malgré tout, le Arrowverse offre un très joli cas d'école pour nous pencher sur de nombreuses techniques scénaristiques, celle du crossover n'étant pas des moindres! 

Je ne vais pas vous faire l'historique du Arrowverse, qui logiquement démarre avec l'adaptation de Green arrow en 2012, rajoute Flash en 2014, Vixen en 2015, puis Legends of tomorrow, l'intégration de Supergirl, transférée de chez CBS, et l'arrivée de Batwoman. Bref, beaucoup de héros et héroïnes, beaucoup de saisons pour développer un univers excessivement riche, et une quantité conséquente de télévision à ingurgiter. Tout cela pour des résultats pour le moins mitigés, il est vrai, mais tant bien que mal, ces séries évoluent de manière assez classique, accumulant chacune des personnages, des arcs narratifs, ainsi que du fonds. Les crossovers sont annoncés longtemps en amont, afin de préparer les fans, ils s'appuient toujours sur des comic books ayant fait de grosses ventes, et s'amorcent à travers les cliffhangers des séries impliquées. Même si la qualité et l'ampleur de ces évènements restent très en-deça du matériau de base, évidemment pour des raisons budgétaires, ils n'en sont pas moins des pivots affectant généralement la trame de l'ensemble du Arrowverse, et offrent autant d'occasions de renforcer une certaine mythologie, très populaire aux US. Concrètement, malgré des traitements un peu légers, les crossovers du Arrowverse donnent vie à tous les grands arcs narratifs de ces dernières décennies, et même traité par CW, quelque chose comme Crisis on infinite earths résonne dans l'imaginaire de toutes et tous les fans de comic books.

Le panthéon DC à la sauce CW
Ok, avant d'aborder les crossovers du Arrowverse, deux ou trois mots concernant la transcription des héros et héroïnes mythiques de chez DC comics dans des séries clairement destinées aux teenagers. Avant tout, il y a des romances. Pleins. Tout le temps. Le dosage se doit d'être subtil, une belle histoire pleine de drames, de tensions et d'émotions pouvant rapidement basculer dans la plus absurde mièvrerie. Et j'avoue que dans le Arrowverse, la bascule est trop souvent faite. La faute, entre autre cause, à un rythme trop rapide. Le cahier des charges doit être excessivement difficile à gérer, les crossovers rassemblant les plus gros taux d'audience, il faut amener toutes les séries au même point à une période donnée, tout en donnant de la consistance aux différents protagonistes. Car oui, individuellement, les séries de CW se ressemblent toutes dans leur structure narrative, les épisodes se suivent et se ressemblent, mais il y a malgré cela des fulgurances passant pour honnêtes, des émotions poignantes rattrapant presque à elles seules des shows autrement sans grand intérêt. 
La formule des séries CW est bien rôdée, jouant sur le fan service avec des personnages ou des équipes mythiques, comme l'apparition de la Justice society of America ou des membres de la Légion. Le soufflet retombe généralement bien vite, mais il faut bien admettre que pour les passionné.e.s de l'univers DC, de telles annonces titillent la corde sensible. Je n'en ai clairement pas une très bonne opinion, mais il me faut admettre que la formule choisie par CW est bien raccord avec la tentative de DC de s'offrir la création d'un véritable panthéon mythologique sur grand écran. Les fameux crossovers permettent d'ailleurs de magnifier les personnages durant des arcs majeurs, et en ce sens, le Arrowverse réussi à nous présenter des moments épiques, des affrontements entre des êtres pratiquement divins, voir même quelques instants de tension dramatique tout à fait plaisant.
Ce côté dramatique, qui aurait dû caractériser DC dans ses tentatives cinématographiques, se dilue tristement dans de l'ordinaire chez CW, il faut cependant bien reconnaître qu'il est bien présent, donnant une raison de s'intéresser à son cas.



Le Crossover super-héroïque
Technique scénaristique impliquant la convergence d'arcs narratifs d'ordinaire sans lien, tournant autour d'antagonistes parfois adversaires, parfois parfaits étrangers, le crossover est depuis longtemps devenu une tradition dans l'univers des comic books, et se transpose ainsi très bien dans les sérivers, particulièrement ceux des amateurs et amatrices de slip par-dessus les vêtements. Oui, la série Defenders de Netflix/ Marvel est bien une tentative de crossover entre leurs héros et héroïnes, mais cet autre rassemblement de personnages s'est encore plus enlisé, scénaristiquement parlant, dans une sorte de marasme particulièrement désagréable, avec en prime une annulation de ses shows, pour cause de Disney.
Dans le Arrowverse, la notion de crossover a rapidement vue le jour, impliquant une rapide multiplication des personnages tirés des comic books, cela afin de pouvoir offrir un équivalent en terme d'envergure et de narration épique. Oui parce qu'un Crisis on infinite earths avec seulement Green arrow et Flash, c'est plutôt léger. L'arrivée des Legends of tomorrow libère d'ailleurs des moyens et accroches pour tenter des choses de plus en plus ambitieuses. Malgré des moyens limités, ou mal employés, le Arrowverse devient une énorme machine dont tous les arcs prévoient dès le départ de converger vers ces évènements marquant, qui ramèneront d'entre les morts personnages secondaires et méchants, bouleverseront la trame du Temps, et provoqueront ruptures ou réconciliations. Oui car je le rappelle, le Arrowverse est à 50% composé de romances compliquées, à 50% de fin du monde, et à 10% de choses épiques. La formule est servie par la majorité des chaînes continuant à proposer des saisons à rallonge de leurs séries, préférant la mobilisation de leur audience sur de longues périodes plutôt que sur des arcs plus courts, concentrant le drama et l'intensité. C'est regrettable, en particulier pour le genre super-héroïque qui tourne très vite en rond avec ses personnages monolithiques et l'unique solution à leur disposition; la bagarre. Mais encore une fois, le Arrowverse de CW a fait du crossover sa spécialité, amenant l'ensemble de ses castings vers des évènements cataclysmiques, à coup de grandes annonces et d'introduction de personnages mythiques provenant des pages de comic books. Oui, la chaîne dispose d'un vivier pratiquement illimité pour nourrir son vaste univers étendu, et sait parfaitement bien s'en servir, se permettant même de surfer sur les tendances, comme en ce qui concerne l'introduction de Batwoman. Le network aura d'ailleurs l'intelligence de ne pas commettre la même erreur que DC face au succès des films du MCU, cherchant à imiter sans succès une formule inadaptée à leurs héros et héroïnes. Le Arrowverse est souvent très kitch, mais possède son identité propre, avec ses versions de toutes les grandes figures mythologiques, comme Superman. Et aussi étonnant que cela puisse paraître, les crossovers cimentent ce vaste ensemble, le nourrissant de tensions dramatiques et de méchants tellement méchants!